Un suspense efficace. Mais…

Dans Sous la peau, une flique affronte un cancer et un serial killer. Un bon mix polar et drame.

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Anne Marivin (Bienvenue chez les Ch’tis) passe ici du rire à l’émotion vraie. Rien à redire sur sa prestation dans cette mini-série de trois épisodes déjà diffusée par la RTBF. À ses côtés, notre compatriote Nicolas Gob (Le chalet) joue impeccablement l’équipier aux dents longues. On tient un produit bien ficelé, de facture classique avec un twist scénaristique. Le commandant Marion Kovic, perfectionniste et brillante, apprend en effet qu’elle souffre d’un cancer. Au moment où elle démarre la radiothérapie, on retrouve le corps d’une étudiante poignardée. Puis une deuxième. Kovic doit mener de front les deux batailles et décide de ne rien dire autour d’elle de sa maladie. Elle la cache aussi bien à ses collègues qu’à ses proches, en ce compris son mari prof et ses deux enfants.

Ce silence créera une multitude de tensions, de quiproquos et de souffrances. Il nourrira les difficultés de l’enquête et les relations entre les enquêteurs. Et émouvra le spectateur, grâce à l’interprétation subtile des protagonistes et l’écriture sensible de l’ensemble. Ce ressort du déni est pourtant, selon nous, le nœud du problème de Sous la peau. Déjà parce que, de Breaking Bad à The Big C, il a été plus que creusé dans la fiction ces dernières années. Ensuite parce qu’il renvoie une nouvelle fois un message dont les malades se passeraient sans doute bien: le cancer c’est tabou. On en est donc toujours à le traiter comme un mal honteux, qu’il convient de cacher à tout prix. À ses proches, pour les “protéger” (mentir, c’est tellement mieux que chercher du soutien et communiquer). À ses employeurs et collègues, pour ne pas paraître faible ou inutile. Cela colle avec le personnage ? Sans doute. L’intrigue nous montre les méfaits du silence ? Certes. Mais il est néanmoins temps d’inventer d’autres traitements du sujet.

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