Viva la vulva : le vocabulaire du vagin

Viva la vulva part de la langue, des mots, qui désignent le sexe féminin, pour décrypter le tabou qui le concerne.

vivalavulva_arte

L’insulte la plus utilisée en français, c’est “con”. Et comme le rappelle dans le documentaire la culte et culottée Ovidie, auteure de Porno Manifesto, “Un con, c’est le sexe d’une femme. C’est très intéressant de voir que l’insulte la plus utilisée dans la langue française, c’est le sexe féminin”. Très intéressant… Comme le reste de l’analyse proposée par ce tour d’horizon malicieux et intelligent. On s’y penche sur le vagin, mais sans jouer les gynécologues. Le point de vue adopté est avant tout historique et sociologique. Il ouvre les yeux sur la difficulté qui persiste à nommer la vulve, mais aussi sur sa diabolisation et sa dévalorisation, que décrit Mithu M. Sanyal, historienne des cultures. De l’art à la religion, de la fascination à la peur, tout ramène à la volonté de contrôle de la sexualité féminine.

Léger, le reportage révèle des problématiques plutôt lourdes. On aborde la couleur du sang des règles dans les publicités, mais cela conduit à l’excision, aux diktats esthétiques qui s’installent et conduisent à des opérations chirurgicales… L’édition de Kreatur qui suit, à 23h55, aborde ces sujets au présent, dans la vie. Cet intelligent webzine féministe en est déjà à son quatrième numéro sur le site d’Arte et c’est sa première diffusion télé. Ici, on pourrait le titrer Les dialogues du vagin. Les journalistes du groupe s’y retrouvent pour relire des extraits du brûlot d’Eve Ensler. Partant de là, et du constat de leur actualité, 20 ans après, elles échangent, réfléchissent, partagent des témoignages et des reportages sur le sujet. C’est vivant, engagé, ouvert, interpellant. Deux vraies réussites, donc – dont on note l’heure de diffusion tardive. On peut lever le voile sur un tabou. Mais pas lorsque le public regarde. 

Sur le même sujet
Plus d'actualité