Restos du cœur: La renaissance du monde des Enfoirés

Départs, critiques, tensions au sein du groupe… Pas épargnés, les Enfoirés ont assuré le show.

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Depuis plusieurs années déjà, le collectif est la cible de critiques, parfois assez virulentes, comme Renaud qui reproche le côté “grand cirque carnavalesque” du show ou Eddy Mitchell qui en regrette “l’humour pitoyable”. Ils n’ont pas tort. En 30 ans d’existence, le spectacle des Enfoirés a évolué, passant d’une émission musicale à un grand ensemble de tableaux, mêlant sketches, parodies et reprises de tubes. Une usure accentuée encore en 2016 lorsque Jean-Jacques Goldman, pilier de l’équipe, jette l’éponge. Officiellement pour laisser la place aux jeunes et moderniser l’ensemble. Mais en coulisses, il se murmure que l’artiste est tout simplement fatigué de gérer les ego des uns et des autres.

L’édition 2019, enregistrée lors des six concerts donnés en janvier à Bordeaux, s’ouvre sur Un autre monde, interprété par Kendji Girac. Le message est clair: les Enfoirés évoluent vers autre chose. Et c’est bien. Maîtresse de cérémonie, Mimie Mathy assure. Les sketchs sont moins nombreux et les petits nouveaux, comme Slimane ou Claudio Capéo, s’intègrent comme s’ils avaient toujours été présents. Bien sûr, on peut reprocher aux Enfoirés d’inviter des gens qui n’ont pas la fibre musicale (Didier Deschamps, Kyllian Mbapé pou ne citer qu’eux). On peut aussi discuter de la sélection des morceaux. Quelle idée leur a donc pris de reprendre All by Myself de Céline Dion ou Quand je t’aime de Demis Roussos? Cependant, quel excellent choix que de rendre hommage à Charles Aznavour avec une interprétation magnifique de Mourir d’aimer. Ou le sublime Tu es mon autre, vibrante déclaration d’amour à Maurane. A vous coller des frissons et à amener le public à revenir l’année prochaine. Tout bénéfice pour les Restos du cœur. Et finalement, s’il n’y avait que ça d’important?

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