On nous appelait beurettes : la réalité de l’immigration

S’appuyant sur des témoignages saisissants, Bouchera Azzouz redessine les cités de son enfance.

beurettes_f2

“Beurette”, c’est le nom qu’on donnait aux jeunes femmes arabes dans les années 80. Cette étiquette, née avec la deuxième génération d’immigrés d’après-guerre d’Algérie, est toujours utilisée aujourd’hui. Et véhicule encore toutes sortes de clichés racistes. On nous appelait beurettes se plonge dans une cité parisienne à Bobigny, au travers de différents témoignages. Les récits, souvent très personnels et touchants, sont au centre du film, ponctués d’images inédites de l’époque. Et ça marche. Bouchera Azzouz, la réalisatrice et narratrice, conduit le documentaire avec brio.

Derrière ces femmes, on explore cette génération blessée par le rejet, les mariages arrangés ou les drogues. Un magnifique pamphlet antiracisme. Non pas parce qu’il culpabilise, mais parce qu’il illustre l’absurdité de ces étiquettes qui regroupent des personnes et des réalités – trop – différentes.

Sur le même sujet
Plus d'actualité