Kepler(s), flic aux personnalités multiples

Marc Lavoine incarne un flic déchiré dans Kepler(s), une série noire tournée comme un film.

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Enquêteur de la P.J. de Paris, Samuel Kepler est muté à Calai, parce qu’il a abattu un suspect dans des circonstances discutables. Sa hiérarchie lui a trouvé une “planque” confortable, où il doit se limiter au travail de bureau. Kepler souffre en effet d’un trouble dissociatif de l’identité. Plusieurs personnages cohabitent dans son cerveau et parfois, en situation de stress, l’un d’eux prend le contrôle sur Samuel. Sous traitement, il devrait retrouver une vie normale. C’est en tout cas ce qu’espère sa femme Anne (Élodie Navarre), que ces “passagers” effraient beaucoup. Paradoxalement, c’est pourtant Anne qui le ramène au chaos quand elle lui demande un service: rendre visite à son patron, Laurent Martel (Éric Savin). Sa fille de 17 ans, Lucie, a découché et sa femme s’inquiète. Elle a raison. Kepler, père lui aussi d’une ado (interprétée par… Yasmine Lavoine), se lance à la recherche de Lucie en oubliant ses règles de prudence.

Derrière la caméra: Frédéric Schoendorffer, le fils de Pierre, qui a signé au cinéma des polars comme Scènes de crime avec Charles Berling et André Dussollier, Truands avec Benoît Magimel, ou 96 heures avec Gérard Lanvin et Nils Arestrup. Il fallait une pointure pour peaufiner cette série centrée à la fois sur un personnage dont la débâcle donne des vertiges, et sur la question des migrants. Car l’histoire de Jean-Yves Arnaud et Yoann Legave se déroule dans un Calais où les habitants se divisent toujours violemment entre défenseurs et opposants. Chez les Haddad on a les deux: la mère Catherine (Isabelle Renauld), vouée corps et âme à son association, et la fille, Alice (Sofia Essaïdi), flique locale écœurée. Un peu par hasard, elle va épauler Samuel dans cette enquête qui fera vaciller beaucoup de certitudes. Prenant et impressionnant.

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