Solo, A Star Wars Story : l’empire Disney contre-attaque

C’est en grande pompe que le Festival de Cannes 2018 a accueilli ce spin-off de la saga Star Wars centré sur le célèbre Han Solo. Mais le film en vaut-il la peine?

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Rappelons les faits. Quatre milliards de dollars. C’est le chiffre inouï qui a réglé la transaction entre un Lucas qui se séparait de son bébé Star Wars au profit du géant Disney. Depuis, le désormais richissime ami de Spielberg ne cesse de se répandre dans la presse sur sa déception quant au devenir de ses héros dans les mains des successeurs de tonton Walt, qui possèdent aujourd’hui la quasi-totalité de tout l’entertainment hollywoodien, dont Pixar.

Seulement l’art (libre) et la finance ne s’accordant pas au mieux, il fallait bien que la firme à la petite souris travaille dans le sens d’un retour sur l’investissement. La suite, vous la connaissez. Loin du rêve d’un cinéaste véritable créateur de formes nouvelles, Star Wars s’est muée en un produit de restauration massive et on en a mangé jusqu’à l’indigestion, inventant une nouvelle grammaire de cinéma creux faite de “suites”, de “prequels”, de “sequels” et autres “spin-offs”, comme ce Solo: A Star Wars Story, centré sur le charismatique et très sexy bandit de l’espace, chauffard du célèbre Faucon Millenium et dragueur de princesses, Han Solo (grand Harrison Ford à l’époque).

Mais à des années-lumière de la gouaille rieuse de Ford, Alden Ehrenreich s’échine trop visiblement à singer son aîné et chacune de ses tentatives fait flop. Problème quand on est le héros de l’histoire! Disney a trouvé la parade: faire le buzz avec une ouverture mondiale au Festival de Cannes et un réalisateur chevronné comme Ron Howard à la barre. Et c’est payant pour les moins exigeants: on suit vraiment sans déplaisir ces aventures spatiales de Solo, enchaînant quelques morceaux de bravoure au milieu d’un flot de lieux communs. Plutôt sympa, bien que vite expédiée, la rencontre avec le grand poilu Chewbacca. Et Howard s’y entend en matière de divertissement “filmé à l’ancienne”. Mais pour ceux qui attendaient de retrouver le cœur battant de cette grande geste moyenâgeuse moderne que fut Star Wars aux origines, ils peuvent aller fondre en larmes aux côtés de Lucas.

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