Le plus beau pays du monde : parcours plat dans les alpes

Le plus beau pays du monde parcourt les Alpes au fil d’images de toute beauté et d’un commentaire sec à pleurer.

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Contrairement à ce que laisse entendre le titre, cette collection de Frédéric Fougea qui prouve avant tout que le monde naturel efface la notion même de pays. Si les deux premiers volets enchaînaient des séquences tournées dans tous les types de milieux, celui-ci se concentre sur la façon dont la faune et la flore arrivent à survivre en montagne, dans un milieu extrême où l’hiver dure 8 mois par an et où la température peut baisser jusqu’à – 40°. Et la caméra est partout: dans l’eau glacée des rivières, les nappes brumeuses qui s’accrochent aux sommets, au ras du sol, sur la piste d’une marmotte, à l’aplomb d’une branche squattée par les oiseaux, dans le sillage d’un gypète barbu en vol plané (merci les drones), ou en très gros plan dans les yeux bleus d’une mère louve.

C’est elle qui sert de fil conducteur à un périple qui se déroule sur trois hivers et traverse l’Autriche, la Suisse, la France, l’Italie… On se demande d’ailleurs comment l’équipe a pu la suivre, avec ses petits dans ce voyage de 1300 km. C’est elle aussi qui crée le lien affectif avec le documentaire qui rate du côté du commentaire ce qu’il réussit haut la main sur le plan des images. Construit comme une mosaïque, ce qui nuit au storytelling, dépourvu de rythme et d’articulation, trop long (1h30), Le plus beau pays du monde ne gagne même rien à la narration de Gérard Lanvin qui donne l’impression de s’endormir sur son texte.

Pourtant le message, développé dans les dernières minutes, est intéressant: «Quand il n’y a presque plus rien, ce ne sont pas les plus forts qui gagnent, mais ceux qui s’entraident. Plus les conditions sont difficiles, plus coopérer devient vital». Dommage qu’on n’ait pas apporté le même soin à exprimer l’intention du doc qu’à filmer les scènes violentes, déchirantes ou tendres qui racontent si bien l’infinie difficulté de la vie en haute montagne, que ce soit pour les loups ou les lynx, réintroduits depuis peu, les bouquetins, les grenouilles ou les arbres.

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