Questions à la Une: tout est bon dans le cochon wallon?

Pour produire une viande de qualité, la Wallonie se concentre sur les petits élevages.

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Le Belge aime la viande de porc. Il l’aime à raison de 23 kg par habitant chaque année en moyenne. Pendant que la Flandre recouvre plus de 90 % du marché belge, le sud se défend avec des filières plus petites, locales, presque familiales. Jacques Graye s’est intéressé à cette industrie wallonne pour Questions à la Une. L’enquête suit la filière complète, de l’élevage jusqu’à l’assiette, en passant par l’abattoir et le découpage. Les solutions locales sont mises en valeur, comme celle de Bernard Paque, éleveur d’une centaine de porcs situé à Trois-Ponts, qui s’est lancé dans le circuit court. Il vend sa viande directement dans la boucherie de sa ferme. Une entreprise qui fonctionne bien, à la surprise même de Bernard qui vit aujourd’hui de son élevage.

Le secteur vit pourtant reclus dans une timidité dont il n’est délogé que rarement, et surtout par des scandales. Les fraudes à l’abattoir de Bastogne début 2018 ont déstabilisé le secteur wallon, hypersensible à son image. “On a peur de perdre des clients” a-t-on déclaré dans le plus grand abattoir de Wallonie, en refusant l’entrée à Jacques Graye pour son reportage. Or le local permet de réduire l’empreinte écologique de l’agriculture. On estime qu’elle est responsable de 18 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Ce chiffre descend à 10 % en Wallonie, et seulement 6 % pour l’élevage selon le service d’études de la Fédération wallonne de l’agriculture. Merci aux prairies permanentes, omniprésentes en Wallonie, qui sont des puits à carbone. Consommer de la viande locale est aussi plus écologique pour le consommateur, vu la réduction des émissions dues au transport et à la conservation. La Wallonie offre une bonne solution pour une assiette plus équitable et moins polluante. Un réflexe utile en plein “février sans supermarché”.

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