Le DAB+ : quand la FM ne bande plus

La radio entre véritablement dans l'ère numérique cette année avec le déploiement du DAB+. Alors, très concrètement, qu'est-ce que ça va changer ?

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À la veille de la Journée mondiale de la radio (13 février) le petit monde du média parlé belge francophone se rassemblait ce mardi dans un open-space de l’avenue Louise à Bruxelles pour faire un état des lieux du développement de la DAB+ (« Digital Audio Broadcasting« ), marquant l’entrée de la radio dans l’ère numérique et la fin de cette bonne vieille bande FM, qui devrait définitivement disparaître dans les prochaines années… So what?

Qu’est-ce que le DAB+ ?

Le DAB+ est la technologie hertzienne qui permet d’écouter la radio gratuitement et sans abonnement internet. C’est en quelque sorte l’équivalent numérique de la bande FM, mais en mieux et en plus fort. En Norvège, pays pionnier où la bande FM a déjà disparu depuis 2017, 98% de la population écoute la radio via le DAB+. Seize autres pays européens imitent déjà ou s’apprêtent à imiter nos voisins du Nord, dont la Belgique.

Les avantages du DAB+ sont multiples, pour l’auditeur principalement. L’offre de programmes sera bien plus étendue et plus variée qu’en FM. La sélection de « l’antenne » sera facilitée par une interface de recherche ergonomique des radios par noms, et non plus par leur fréquence FM. En outre, les récepteurs DAB+ proposeront plus de contenus multimédias, à savoir des informations complémentaires sur le programme en cours sous formes de textes et/ou d’images (titre de la chanson, pochette de l’album, nom de l’émission, météo et trafic en temps réel…). Enfin, la réception sera bien plus stable qu’avec la bande FM, notamment en déplacement (moins d’interférences en voiture ou dans les transports), garantissant un confort d’écoute maximum.

Signalons encore que la nouvelle technologie consomme moins d’électricité, nécessite moins d’antennes et génère moins de rayonnement électromagnétique que la FM. Le DAB+ est donc plus respectueuse pour l’environnement, mais aussi pour la santé.

Qu’est-ce que ça va changer pour l’auditeur ?

Le système est opérationnel depuis le mois de novembre 2018 en Belgique francophone et maRadio.be (plate-forme créée en 2013 et réunissant les radions publiques et privées) a la lancé sa grande campagne promotionnelle en janvier… au Salon de l’Auto. Rien d’étonnant à cela, les auditeurs écoutent massivement la radio dans leur véhicule.

Selon une récente étude Ipsos commandée par maRadio.be, 24% de l’écoute totale de la radio en Belgique francophone à lieu dans la voiture. Mais seul 31% du parc automobile belge est équipé d’un récepteur DAB+. Ceux qui n’ont pas de standards devront contacter leur concessionnaire pour voir s’il est possible d’équiper le véhicule d’un autoradio compatible. Dans le cas contraire, les conducteurs devront alors installer un adaptateur numérique qui rend la radio compatible avec le système… C’est toujours moins cher que de changer de voiture !

Le gros défi pour les radios d’ici la rentrée 2019 – période choisi pour le déploiement massif de la DAB+ – sera de convaincre leurs auditeurs d’abandonner la FM. Le challenge est de taille : 80% des écoutes (!) ont encore lieu via la bande FM, 9% via internet, 6% via les TV numériques et… seulement 2% via la DAB+. Pire, sur les quelques 652 000 nouveaux récepteurs radios vendus en Belgique en 2018, seuls 14% sont compatibles avec le nouveau nouveau système…

Sur le ton de l’humour, Francis Goffin, administrateur-délégué de maRadio.be, a relativisé en conférence de presse : « Sur le marché, on trouve déjà des récepteurs à 17 euros chez Action. » Il n’empêche que même après avoir été informé des avantages de la DAB+, les 1500 sondés d’Ipsos ne se montraient pas très enthousiastes à l’idée d’investir dans un nouvel émetteur : seuls 25% d’entre eux se déclaraient enthousiastes… parmi lesquels 8% étaient déjà équipé d’une radio DAB+ ! Il y a du boulot.

Pourquoi les radios y croient ?

Dès le départ, avec la création de maRadio.be, les radios du service public et les antennes privées ont décidé de collaborer main dans la main au développement de la DAB+, certains que la nouvelle technologie serait bénéfique à tous. C’est l’idée-même de « coopetition » (mixe entre collaboration et compétition) grâce à laquelle l’ensemble des émetteurs, bien que concurrents, peuvent s’améliorer. « Avec l’arrivée du DAB+, c’est une nouvelle ère de l’histoire de la radio qui s’ouvre au public ! Il était vital pour l’industrie de se mettre d’accord sur une norme ! Voilà qui est fait grâce à la dynamique de tous : service public, radios privées de toutes catégories et le politique« , s’est réjouit Eric Adelbrecht, administrateur délégué de Maximum FM et Must FM.

« La gratuité, la diversité de l’offre, la qualité de réception et sa visualisation en font des atouts majeurs pour ce mass media qu’est la radio (84% des Belges en « consomment » tous les jours), toujours fortement consommé quotidiennement par la population« , a réagi Etienne Dombret, nouveau chef éditorial de Classic 21 depuis le départ de Marc Ysaye en janvier. Même son de cloche pour Olivier Arnould, directeur d’antenne de Radio Contact : « La radio numérique n’est pas la radio de demain mais bien celle d’aujourd’hui et elle est parfaitement en phase avec les valeurs véhiculée par les radios d’RTL : diversité, modernité et pérennité. » 

Reste donc à convaincre le reste de la population.

Belga

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