High energy: plongée dans le disco survolté des années 80

Après l’excellent Disco Europe Express, Olivier Monssens raconte la réinvention du genre dans les années sida. 

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Ça bouge et on jubile. Le fluo éclate dès le générique, tout comme les beats de la fameuse High Energy. Ce courant musical indissociable des années 80, entre kitsch, fête, industrie et génie, naît du rythme répétitif d’I Feel Love de Donna Summer. Mais aussi de la résistance des clubs gays de San Francisco et New York, accrochés au disco malgré les haters. Le documentaire alterne clips, archives et, surtout, interviews. Ils sont tous là. Tous les géants qui ont fait ces sons-là, les musiciens et surtout les stars: DJ et producteurs.

La high energy se fonde sur les doubles croches, résument-ils. Des séquences de boîte à rythme survoltées, habillées de chœurs féminins et de mélodies électronique. Le roi, c’est le synthé. Un morceau s’enregistre en quelques jours, voire quelques heures. Au fil des séquences, tout un monde renaît. Le Studio 54, The Saint, le Trocadero Transfer, les moustaches conquérantes, les microshorts en satinette, les poppers, les coiffures électrifiées, les premières drag queens, Divine en tête et en corps. Tant de noms, tant de figures de la contre-culture. On savoure, yeux écarquillés, cœur serré, friselis de nostalgie au ventre et fourmis dans les jambes. Puis on voit le phénomène gay envahir la scène mainstream, en même temps que le “cancer gay”, décime les pistes…

Olivier Monssens ne s’appesantit pas sur la période sombre. Il raconte, au contraire, comment la communauté a relevé la tête et comment le panache a gagné… Comment sont arrivés Dead or Alive et Evelyn Thomas avec le très définitif tube High Energy, qui consacre le style et, d’une certaine façon, le fige dans ses fondamentaux. Place à la deuxième moitié de la décennie, aux succès d’un jour, à la production massive. On se fait rickroller, par l’indispensable Pete Waterman… Puis la House, l’Acid et la New Beat achèvent l’épopée sonore. On pourrait reprocher à l’ensemble un côté “panorama” un peu littéral, si l’on n’y avait pas trouvé, aussi, de passionnantes infos techniques, un vrai amour des gens… Et un sacré sens de la fête. 

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