La Fabrique d’Arnold Schwarzenegger : machine à jouer

Quel rapport entre le parcours hors-norme de Schwarzenegger et notre XXIe siècle “tout au robot”? Réponse dans un passionnant doc sur Arte.

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Malgré ses 5 titres de Mister Univers en culturisme, personne n’aurait misé un kopeck à Hollywood sur cette montagne de muscles au nom imprononçable de Schwarzenegger. Mais depuis qu’il a définitivement quitté l’Autriche pour les États-Unis en 1968, Arnold ne rêve que d’une chose: devenir acteur.

Face à ce grand gaillard (1m85 pour 107 kilos) à l’allure pataude et à l’accent à couper au couteau, c’est au mieux le rictus amusé des producteurs à cigares de Hollywood. Mais ce que l’Amérique des sixties ne sait pas encore et pour cause, c’est le visage qu’elle va prendre avec l’arrivée au pouvoir de Reagan en 1981. Finies, les fleurs dans les cheveux et la contestation aux effluves de cannabis, place à une Amérique puissante et impérialiste. A l’écran, on ne veut plus voir des gamins mal dans leur peau comme Ben Braddock du Lauréat, mais des corps musculeux (déjà initiés avec Stallone et son Rocky), des héros indestructibles et des self-made men. Pile le portrait d’Arnold qui sait qu’il tient sa chance. Après avoir incarné un homme de main sourd-muet pour Altman dans Le Privé, il se lance à corps perdu dans les films d’action qui vont tenir le haut du pavé à Hollywood pendant la décennie 80-90. Accédant, après Conan le barbare au rang de superstar avec le cyborg aux mâchoires serrées de Terminator. Rival de Stallone, Arnold voit encore plus grand et devient gouverneur de Californie!

Le document inédit La fabrique d’Arnold Schwarzenegger nous explique, archives étonnantes à l’appui, comment cette irrésistible ascension de Schwarzie commencée donc avec un héros mi-homme mi-robot coïncide étonnamment avec notre devenir-machines, dans un monde où règnent l’image et la société-spectacle. Passionnant.

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