True Detective Saison 3 : retour aux sources

Événement sur Be tv : True Detective déroule sa saison 3. Une saison décisive pour cette série d’anthologie après l'échec – d’anthologie aussi – de la deuxième. 

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True Detective n’a plus droit à l’erreur. Sa saison 1 a été un pur phénomène. Le 9 mars 2014, lors de la diffusion de l’ultime épisode, la demande a été telle que le serveur d’HBO GO (la plateforme de streaming de la chaîne câblée) a planté. Pour la suite, arrivée très, trop, vite, le génial réalisateur, Cary Fukunaga, a quitté le navire, emportant avec lui sa maîtrise des atmosphères, son sens du drama qui transforme un monologue a priori soporifique en morceau de bravoure et ses incroyables plans séquences. Les faiseurs l’ont remplacé, l’intrigue s’est dispersée entre quatre personnages, des rebondissements inutiles, des dialogues vides et des relations familiales clichés. Bordélique et prétentieux. Cette saison 3 doit donc impérativement ranimer la flamme des téléspectateurs déprimés.

Le showrunner Nic Pizzolatto a choisi d’aborder cette fois l’enlèvement d’enfants, après le crime mystique et le complot. En 1980, un garçon de douze ans et sa sœur partent jouer au parc sur leurs vélos. En chemin, ils croisent une série de personnages louches. Ils ne reviendront jamais à la maison. La recherche de leurs traces amènera deux inspecteurs à explorer un village redneck d’Arkansas. Et, forcément, à réfléchir sur eux-mêmes. Pour retrouver la grâce, Nic Pizzolatto est revenu aux fondamentaux.

Nous voilà de retour à la campagne, avec ses paysages de caravanes, de forêts et de prairies. Ici, tout est à nouveau centré sur un duo, les agents Wayne Hays (l’oscarisé Mahershala Ali) et Roland West (Stephen Dorff).

Retour aussi de la mécanique centrale de la saison 1: les allées et venues dans le temps. On verra les événements s’enrouler autour de 1980, moment des faits, 1990, lorsqu’un événement improbable rouvre l’affaire et 2015, quand une journaliste de faits divers vient interroger Wayne Hays pour une émission télé. Le cœur du scénario est la mémoire de Hayes, qui s’enfonce petit à petit dans une maladie neurodégénérative. Hayes redécouvre les faits en même temps que nous, à la fois submergé de souvenirs et impuissant à se remémorer leur résolution. En résumé: des fulgurances mais aussi de longs moments de vide, pour ne pas dire d’ennui. Pour le reste, on est restés captés par cette mécanique habile et tortueuse, qui, si elle n’atteint pas l’éblouissement initial, en fait une des séries majeures de ce début d’année.

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