Clair Obscur : Marie-Claude Pietragalla

Douce, bien ancrée et inspirante, Marie-Claude Pietragalla se raconte sans fard.

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Sur un cliché en noir et blanc réalisé par le studio Harcourt, une jeune femme de 34 ans, aux cheveux longs ébouriffés et au regard lointain, tenant son poing gauche dans sa main droite. Un geste qui traduit sa volonté innée d’en découdre avec la vie. Aujourd’hui, face à Sébastien Folin, Marie-Claude Pietragalla apparaît avec une coupe courte, l’air serein. Depuis l’âge de 16 ans, son diminutif est Pietra. En italien, cela veut dire “pierre”. Un nom assez révélateur pour un individu solide comme un roc. D’origine corse, cette ancienne timide se forge un caractère. Sur la cheminée de sa chambre, son père affiche une maxime de Napoléon: “Quand on veut constamment, fermement, on réussit toujours”. Une citation qui aura une résonance plus tard dans son parcours de danseuse, admirable de détermination, de discipline et de ténacité.

Pietra commence comme petit rat à l’Opéra de Paris puis entre dans le corps de ballet à 1 6 ans. Elle confie à propos de ses débuts: “J’ai souvent dit que je n’aimais pas parler mais que j’avais beaucoup de choses à dire. C’est pour ça que j’ai trouvé cette voie à travers le langage du corps”. Sacrée danseuse étoile par Patrick Dupond en 1990, elle côtoie les plus grands: Béjart, Noureev… Comme eux, elle participe à démocratiser et à désanctuariser la danse: elle a foulé de grandes scènes comme le Grand Rex ou l’Olympia avec ses chorégraphies contemporaines. La popularité n’a selon elle rien d’une tare, et c’est sans hésiter qu’elle accepte de faire partie du jury de Danse avec les stars ou Prodiges. En septembre 2018, elle a créé une école de danse (Le théâtre du corps) avec son compagnon Julien Derouault. Ouverte à tous, même aux amateurs, car “le mouvement, depuis l’enfance, est la première façon de s’exprimer. C’est universel”, conclut-elle.

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