Au-delà des apparences : l’autre côté du miroir

Entre ombre et lumière, une famille se révèle suite à la disparition de l’une de ses filles…

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Adaptée d’une série québécoise, Au-delà des apparences joue sur la gémellité et le trouble de la personnalité pour dépeindre la sainte famille et ses dysfonctionnements. Au commencement, Alexandra (Helena Noguerra) revient dans la maison familiale pour fêter ses 40 ans et ceux de sa jumelle, Manon (Hélène Seuzaret). La première s’alarme de l’absence de l’autre. La police ouvre une enquête pour disparition inquiétante… Dans cette fiction en six épisodes, il est beaucoup question d’images, lues en miroir. D’abord, bien sûr, celle liée à la gémellité. Alexandra, la lumineuse. Manon, la discrète. Les deux sœurs sont de fausses jumelles. Le récit expose leur complicité, leur duplicité et une admiration qui vrille en trouble de la personnalité.

L’héroïne – ou en tout cas, celle qui reste et qui cherche, car ici, sujet et objet varient – est actrice, star d’une série télé. Le public comme ses proches en viennent à la confondre avec son personnage. Son image lisse se fissure par l’absence de l’autre, qui finit par la révéler. Enfin, il y a cette cellule familiale au sein de laquelle chacun évolue à une place assignée. Ces quatre enfants, devenus adultes, tentent d’avancer tant bien que mal avec leurs névroses, leurs frustrations et leurs blessures. À ce jeu-là, la prestation de Pascal Demolon en fils aîné alcoolique est assez remarquable. De manière assez classique, la disparition de Manon est prétexte à la révélation des secrets, où l’individu et le collectif du noyau familial s’entrechoquent pour finalement exploser la tranquillité d’une famille à la fois banale et particulière. Sans réserver de grosses surprises, la série déroule intelligemment son récit menant au règlement de comptes. Famille, je vous aime. Famille, je vous hais. Au-delà des apparences ou la difficulté d’être soi.

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