Les archives secrètes du ghetto de Varsovie : laisser une trace

Enfermés dans le ghetto de Varsovie, des intellectuels ont amassé des preuves et dénoncé le génocide perpétré par les nazis.

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Novembre1940. Un an après avoir envahi la Pologne, les Allemands délimitent le ghetto de Varsovie où s’entasse près de 40 % de la population de la ville dans des conditions inhumaines. Parmi les enfermés, l’historien Emanuel Ringelblum. Autour de lui, il va réunir une soixantaine de personnalités, elles aussi confinées: journalistes, écrivains, enseignants, économistes, rabbins… Ensemble, sous le nom Oneg Shabbat, ils vont collecter et archiver la vie des Juifs polonais sous l’occupation nazie. Aucun aspect du quotidien ne sera mis de côté et le groupe demandera également aux habitants du ghetto d’écrire leurs témoignages.

Le réseau restera actif jusqu’au printemps 1943 quand les rafles vont petit à petit décimer la population. Soucieux que la multitude de documents amassés puisse servir un jour aux survivants et que l’on se souvienne d’eux à partir de sources juives et pas seulement allemandes, les membres d’Oneg Shabbat enferment leurs archives dans des bidons de lait ou des caisses en fer et les enterrent dans trois caches à Varsovie. Seules deux seront découvertes, en 1946 et en 1950. La troisième reste aujourd’hui encore introuvable. À quelques jours de la Journée internationale en mémoire des victimes de l’Holocauste (le 27 janvier), Arte propose ce documentaire-fiction, dans lequel interviennent de nombreux historiens – dont Samuel D. Kassow , auteur du formidable Qui écrira notre histoire, récemment adapté au cinéma – et qui permet, une fois de plus, de redécouvrir toute l’horreur de ce génocide. De l’intérieur cette fois.

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