La RTBF veut séduire la « génération Y »

La nouvelle année est le moment opportun de s'arrêter pour faire le point. C'est le cas pour la RTBF qui se prépare à une année pleine de défis.

belgaimage-143351312-full

Deux énormes écrans baignent la pièce de chiffres plus positifs les uns que les autres. Devant eux, un homme dans la cinquantaine, le costume impeccable, la barbe scrupuleusement taillée et la coiffure soignée. C’est Jean-Paul Philippot, l’administrateur général de la RTBF, qui nous présente les audiences du service public en 2018. Un élément ressort en particulier : le digital connaît une forte progression. Il faudra maintenir le développement du contenu sur les plateformes dont les jeunes sont friands, un gros challenge pour 2019. 

Jean-Paul Philippot ©BELGA

Le constat est implacable, les jeunes regardent à peine la télévision, ils n’écoutent presque plus la radio. Les informations qui les intéressent se trouvent à portée de main, généralement sur le smartphone dans leur poche. Cette problématique concerne actuellement toutes les formes de médias. Ne pas renouveler son public induit une disparition à petit feu.

« Dans le monde actuel, la concurrence vient d’ailleurs. Ce sont les Facebook, YouTube, Spotify, etc. C’est la raison pour laquelle nous investissons dans cette logique de multi-plateformes, afin d’être présents sur les réseaux sociaux. Cette approche globale nous permet de toucher un public qui tend à s’éloigner des médias traditionnels« , explique l’administrateur général. Et d’ajouter : « Dans cette transformation inévitable, c’est le service public qui court à l’avant du peloton« .

Combattre le feu par le feu

Les réseaux sociaux endossent un double rôle : d’un côté, ils sont responsables de cet éloignement du jeune public et, parallèlement, ils sont susceptibles de le ramener. Il faut donc les utiliser habilement, confirme Jean-Paul Philippot : « Nous avons notamment ouvert une chaîne YouTube pour l’émission The Voice. Le but est de donner envie de regarder l’émission en allant chercher le public où il se trouve ».

Dans la même veine, il faut souligner le lancement de directs sur Twitch, plateforme de vidéos en streaming, qui ont attiré 671.000 spectateurs. Sur YouTube, on trouve également Tarmac. Il s’agit initialement d’un « média digital urbain » lancé dans le but de toucher les 15-25 ans. La chaîne traite principalement de sujets liés à la culture urbaine, au hip-hop. L’expérience est manifestement couronnée de succès : la déclinaison sur YouTube attire pas moins de 124.000 abonnés et cumule plus de 12 millions de vues avant même d’avoir soufflé sa deuxième bougie.

À l’approche des élections, Tarmac pourrait se révéler un excellent moyen d’informer les jeunes de moins de 24 ans qui votent au niveau fédéral et européen pour la première fois. Jean-Paul Philippot n’est pas dupe, le jeune public n’allumera pas la télévision pour se visser devant des longs débats. Ce serait un signe éclatant de l’évolution du service public, soucieux de toucher toutes les tranches d’âge.

Sur le même sujet
Plus d'actualité