Enquête de santé : homéopathie, bientôt la fin?

Les scientifiques auront attendu deux siècles avant de tenter d'abolir l'homéopathie.

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Depuis 200 ans, deux visions de la médecine s’opposent. D’un côté, les esprits cartésiens qui prônent un traitement basé sur la preuve scientifique. De l’autre, ceux qui laissent une chance à l’inexplicable. L’homéopathie bénéficie d’un passe-droit. Elle est disponible et autorisée sur le marché pharmaceutique sans jamais avoir dû démontrer son efficacité. Elle est même remboursée depuis plus de 70 ans. Et si c’est remboursé, c’est un “vrai” médicament. Cela lui amène de la crédibilité. À raison, pour 70 % des Français qui l’ont déjà testée et pour qui les effets ont été favorables. Les petits tubes multicolores sont prescrits par plus de 5000 homéopathes. L’homme à qui l’on doit cette invention est Samuel Hahnemann, médecin allemand du 18e siècle.

Son principe de base? Soigner le mal par le mal. Dans sa composition, certaines de ses matières premières semblent tout droit issues d’un manuel de sorcellerie. Pourtant, si elle avait reposé sur une illusion, il y a longtemps que le dossier serait bouclé. Oui mais voilà, en deux siècles, la science a évolué. Et la granule a du mal à passer. En France, 129 millions d’euros sont dépensés par an pour ce que l’on considère comme un placebo. Pour la première fois, en mai dernier, 3000 opposants ont lancé une offensive sans précédent. Ils ont sollicité la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, en faveur d’un déremboursement de l’homéopathie. Cette dernière n’a eu d’autre choix que de demander une évaluation de son efficacité auprès de la Haute Autorité de Santé. Le rapport sera rendu en avril 2019. Pas sûr que les laboratoires Boiron, leader mondial depuis 80 ans, soient totalement sereins. Dans ce documentaire, on pèse le pour et le contre. Mais au final, cela relève encore, pour l’instant, de l’appréciation personnelle.

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