Doc shot : Le nouveau visage de la mafia italienne

Tous les mardis, le Mois de la Mafia d’Histoire se penche sur la pègre. Et cette semaine, La RTBF embraie.

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Depuis le juge Falcone, on pensait la Cosa Nostra décapitée et l’Italie pacifiée. La mafia d’aujourd’hui, on l’imaginait basée en Asie ou en Amérique latine. Raté. Baby Mafia, le Doc Shot de La Une ce jeudi nous montre la génération Y du crime. Celle qu’on a découverte dans la série Suburra. Tatouées, en cuir, en jeans, ces têtes brûlées n’ont pas le costume sur mesure des Corleone. Ils ont oublié les boiseries, les cigares et les codes d’honneur de leurs aînés. Pas le racket, le proxénétisme, la drogue, les crimes et les rixes. Pas l’organisation non plus. Les clans persistent, pire, se développent et s’étendent.

À Naples, la nouvelle Camorra représente une centaine de familles, en éruption constante aux pieds du Vésuve. Trois fois plus qu’en 2000. Cette plongée dans les boîtes, les rues, les trafics et la moiteur napolitaine pourrait sembler du folklore. Sauf que cette gangrène pourrit toute la société civile italienne. La Baby Mafia intrigue à l’initiale mais inquiète, très vite. Un sentiment ambivalent, qui fait écho à cette fascination qui nous pousse à suivre la série Mafia Killers. Durant six épisodes, l’ancien détective Colin McLaren replonge dans l’ambiance de Coppola et met le focus sur les grands parrains des nineties. Méconnu chez nous, ce sergent australien s’est infiltré deux ans dans le Milieu. Ça se sent, d’un côté par son expertise mais aussi par la façon dont il est starifié dans ces films. Mafia Killers souffre des travers du genre: fictionnalisations cliché de partie de poker, interviews sur fond noir, voix off à suspense, montage choc, sensationnalisme. On est happés quand même. Moins glam mais passionnantes, deux autres enquêtes abordent la situation en France. Côté Audiard, avec Les gangsters de la République, sur Histoire, qui retrace l’histoire de la pègre depuis la Seconde Guerre mondiale (starring Dodo la Saumure). Puis, sur La Trois, côté police, avec Les repentis: un pacte avec le diable, qui montre les balances, qui échangent secrets contre protection. Une lueur d’espoir.

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