Anne Gruwez: le juge est une femme

Première diffusion télé de Ni juge, ni soumise, film phénomène emmené par la très remarquée et très remarquable Anne Gruwez. Le portrait d’une justice au saut du lit – sans maquillage.

 

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Pour ce collègue, lui aussi juge d’instruction à Bruxelles, Anne Gruwezn’en rajoute pas, mais elle n’en enlève pas non plus.” C’est que la dame est un animal médiatique, une bête de cinéma, une machine à bonnes prises. C’est évidemment elle, la couleur de son verbe et sa personnalité en tôle inoxydable qui ont fait le succès de Ni juge, ni soumise – documentaire de Jean Libon et Yves Hinant, respectivement père et fils spirituel de l’école Strip-tease.
Avec un résultat hors norme pour un docu (75.000 entrées chez nous, 210.000 en France), Ni juge, ni soumise décrit le quotidien d’une pro du barreau dont le bureau est le lieu de rendez-vous de ceux qui ont merdé avec la vie et, pour certains, qui multiplient les sorties de route. Du type qui bat son épouse à la fille qui a tué son enfant (incroyable séquence sur le désespoir d’une femme à l’ouest), on voit défiler chez madame la juge des accusés dont la parole nous guide dans l’enfer des hommes et  dans l’envers du décor de la justice. Cette justice si décriée, au centre de tous les fantasmes, à commencer par celui qui la dit au-dessus tout.
Avec son regard qui semble avoir tout vu et être revenu de tout, Anne Gruwez incarne un métier que l’on connaît mal et la façon dont les réalisateurs ont décidé de le montrer a plu au public qui a fait du film un phénomène de société. Pour commenter cet engouement, Anne Gruwez nous expliquait que “les gens en ont marre du secret et du sacré, ils veulent savoir où va leur argent”, avant d’ajouter: “Nous sommes peut-être à un moment de révolution, un moment où les gens veulent se réapproprier leur histoire, ce à quoi ils participent.”  Un regard qui semble avoir tout vu… avant les autres? 

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