Une enfance sous l’Occupation

Duguay adapte avec chaleur Un sac de billes, le roman autobiographique de Joseph Joffo, enfant traqué sous l’Occupation.

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Couronné par l’Académie française en 1974, le roman Un sac de billes de Joseph Joffo (disparu le 6 décembre dernier), s’est vendu à plus de 20 millions d’exemplaires. Et au fond peu importe si l’écrivain Patrick Cauvin a dû remanier ce premier roman pour le rendre publiable, puisque derrière l’écriture malhabile que Joffo qualifiera lui-même d’“ampoulée”, tout le récit humain était là, vivant, authentique, émouvant, fort comme on dit.
L’histoire, c’est celle qu’il a vécu petit garçon de 11 ans avec son frère Maurice, seul dans un Paris occupé par les Allemands, avec un point de mire: la zone libre. Le cinéaste canadien Duguay (Belle et Sébastien) s’empare de ce récit à la manière d’un conte, centrant sa caméra sur ces deux enfants juifs qui apprennent à se débrouiller pour survivre. Mais s’il restitue avec vérité le climat de la France pétainiste et honteuse, il fait le pari de la lumière, traquant les réactions des deux gamins qui même menacés, restent pleinement engagés dans leur enfance. Quel beau choix de la vie face au désastre, à l’heure où des fachos d’extrême droite battent les pavés de notre capitale avec des slogans racistes…

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