Pernaut fait de la politique

Découverte ce soir de Régime présidentiel, une bonne comédie de boulevard teintée de politique signée Jean-Pierre Pernaut.

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Habitué des journaux télévisés de 13h, Jean-Pierre Pernaut s’est découvert une nouvelle passion à l’aube de ses soixante ans : l’écriture de pièces de théâtre. C’est ainsi qu’en 2010, il met sur pied sa première pièce, Piège à Matignon. Et c’est un succès, particulièrement en province. C’est que, via ses JT remplis d’artisanats et pensés pour les Français, Jean-Pierre Pernaut fait partie des animateurs préférés de cette France qui aime sa France de manière parfois un peu borderline. Alors quand il décide de se mettre au théâtre, il est légitime de craindre un léger malaise, encore plus lorsque l’on découvre l’aspect très politique de ses pièces.
Mais en fait, ça va. Régime présidentiel reste dans la même veine que Piège à Matignon, dont il est en quelque sorte la suite. Philippe Risoli campe dans la pièce un homme politique prêt à se jeter dans la bataille d’une campagne présidentielle, entouré d’une bande de bras cassés. Entre une femme ambitieuse, une attachée de presse dont la bienveillance n’a d’égale que la naïveté, un coach frôlant l’incompétence et un conseiller diabolique, Philippe Risoli rayonne au cœur d’une comédie de boulevard efficace. Coups fourrés, mauvaise foi et quiproquos, Jean-Pierre Pernaut, aidé à l’écriture par sa compagne Nathalie Marquay et par le réalisateur Éric le Roch, parvient à faire rire les Français alors que l’actu politique n’est pas des plus réjouissantes. À noter que Natalie Marquay est également sur les planches, à l’aise dans la peau d’une épouse prête à sortir de l’ombre de son mari. S’il a annoncé en septembre souffrir d’un cancer de la prostate, on espère un jour voir Jean-Pierre Pernaut faire de son œuvre une trilogie, vu le plaisir qu’il semble prendre dans l’exercice.

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