Maria Callas: la Divina Assoluta

Une vie d’opéra rassemble les mélomanes et les romanesques au Théâtre des Champs Élysées parisien. France 3 nous y emmène.

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On qualifie parfois la soprano grecque de “voix du XXe siècle”. Mythes, légendes, la Callas est un personnage, une longue dame brune au visage tragique, une créature extravagante capable de tous les éclats, une artiste unique, travailleuse acharnée, morte à 53 ans dans le silence, la gorge abîmée par la vie. Tout cela et tout cet aspect people, on le retrouvera dans le film de Tom Volf, Maria by Callas, disponible en VOD sur VOO. Son propos, appuyé de photos, de délicieux films Super 8 et d’enregistrements, c’est bien cette dualité entre Maria, la jeune fille pauvre, l’amoureuse des milliardaires et La Callas, la Divine, l’artiste unique.

Cet aspect-là, justement, est plus au centre de la pièce captée par France 3. Là aussi, images d’archives, interviews, hommages, viennent appuyer la biographie. Mais le cœur du spectacle, c’est l’essentiel, c’est l’art. Si Callas est un mythe, c’est parce qu’elle a révolutionné l’opéra, en incarnant ses personnages, en exprimant leurs tourments par le corps, l’expression, au-delà des sons. C’est aussi parce que, quoi qu’on dise sur ses dernières interprétations, l’icône du bel canto couvrait trois octaves, du plus grave aux cimaises, avec un vibrato unique, reconnaissable longtemps après sa disparition.

Les jeunes femmes qui, sur les planches, reprennent ses plus grands airs affrontent du lourd. La comparaison peut paraître cruelle. Elle est, au contraire, un beau rappel. N’est pas Callas qui veut. Mais en lui rendant ce qui lui appartient, en oubliant un peu son goût des milliardaires et ses éclats, les interprètes du soir font un travail remarquable. Et nous offrent des instants de grâce, les morceaux de bravoure de Madame Butterfly, Carmen et La Traviata, d’une beauté… assoluta.

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