Boeing Boeing: pour la bonne cause

Comme chaque année, les animateurs de RTL-TVI revisitent un vaudeville à leur façon.

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Le rideau s’ouvre sur Michael Miraglia et Sophie Pendeville. Vêtue d’un peignoir, elle lâche : “Tu crois, Bernard Darling, que j’ai le temps de manger un yaourt?”. Et là, c’est le drame. Cette imitation ratée de l’accent américain nous fait imaginer la patate chaude qu’elle aura dans la bouche durant 1h30. Janet vient de Los Angeles, elle a un avion à prendre. Bernard est architecte et habite un appartement cossu à Paris. On comprend rapidement qu’il cache quelque chose. Bertie, la bonne, le couvre tant bien que mal. L’homme a des tendances polygames. Il a mis au point un emploi du temps précis où il jongle entre trois fiancées pratiquant le même métier, celui d’hôtesse de l’air, mais provenant d’endroits différents. L’une est américaine, l’autre espagnole et la troisième, allemande. Comme tout est prévu selon les fuseaux horaires, ce petit monde ne devrait jamais se rencontrer. Bertie est bourrue et se déplace comme un camionneur. Un rôle de composition pour la sympathique Sandrine Dans. Michael Miraglia semble le moins assuré de tous: ses répliques tombent souvent à plat. Robert (Olivier Leborgne), l’ami d’enfance de Bernard, amène un peu d’énergie dans ce départ très mou. Mais celle qui pimente ce vaudeville encore tiède est sans nul doute Maria Del Rio, deuxième fiancée et hôtesse de l’air espagnole. Elle aussi a dû prendre l’accent et Jacqueline le tient bien mieux que sa collègue outre-Atlantique. Enfin, Judith l’allemande (Sandrine Corman) arrive. Elle joue aussi bien qu’une choucroute. C’est d’ailleurs la seule à ne pas avoir d’accent. C’est peut-être mieux ainsi. Les vrais amateurs de théâtre savent qu’ils doivent éviter cette pièce. Pour les autres, on regarde si on a le sentiment de faire une bonne action ou si on est vraiment fans des animateurs de la chaîne.

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