Tout en haut du monde: Il n’y a pas que Pixar dans la vie

Chayé prouve que le dessin traditionnel a la force des rêves des blockbusters animés en 3D.

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C’est aussi une douleur d’enfance – la perte d’un grand-père disparu dans le Grand Nord lors d’une expédition pour le tsar – qui est le moteur des rêves et de la force de l’imaginaire dans ce magnifique dessin animé du Français Rémi Chayé. Issue de l’aristocratie de la fin du XIXe siècle, Sasha, pas franchement du genre à se plier sagement à la bienséance de son rang, part bille en tête à la recherche de son grand-père chéri. Rebelle comme son héroïne, Chayé inscrit ses aventures dans de jolis aplats traditionnels, loin de l’image numérisée en 3D qui domine l’animation contemporaine. Le trait est pur, juste et les paysages n’en demeurent pas moins grandioses. Tout en haut du monde enchante, bouscule aussi par sa capacité à faire ressentir par la seule force du dessin le froid, le combat et l’émancipation d’une jeune fille solaire à laquelle Crista Théret prête sa voix déterminée. Formidable récit d’apprentissage, ce dessin animé délicat prouve que Pixar ne trône pas tout seul tout en haut du monde, et que l’animation française, après les très réussis Avril et le monde truqué ou Phantom Boy, a encore le vent en poupe.

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