Show me a hero: Trump n’est pas né d’hier

Après The Wire, David Simon a créé Show me a Hero, une minisérie HBO inspirée de faits réels.

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Encore une série politique américaine, oui. Pourtant elle n’a rien à voir avec House of Cards ou A la maison blanche. Là où la plupart nous ouvrent les plus hauts niveaux de pouvoir, cette histoire nous ramène au ras des pâquerettes, dans les affaires locales de chez locales. Ici, on ne déplace pas des pions sur l’échiquier du monde, on discute d’urbanisme. Ça n’en est pas moins interpellant, moins complexe, moins fort ou moins palpitant, que du contraire. “Montrez-moi un héros et j’écrirai une tragédie”, cette citation de Francis Scott Fitzgerald, a inspiré le titre du livre de la journaliste Lisa Belkin, puis de la série de David Simon, reporter engagé lui aussi. Tout est dit.

On va suivre un “héros” sans cape, Nicholas “Nick” Wasicsko (Oscar Isaac), conseiller municipal à Yonkers, dans l’État de New York, à la fin des années 1980. Il s’est fait élire maire sur la promesse d’empêcher la création de logements sociaux dans sa petite commune middle class WASP. Seulement la justice ne veut rien entendre, les “projects” (nom donné aux HLM aux États-Unis) verront le jour. Le nouvel édile va être obligé de les construire… et en deviendra même le fervent défenseur, alors que la petite bourgeoisie blanche mène campagne contre la “déségrégation” et l’arrivée des pauvres, généralement afro-américains, dans leur entre soi. Voilà le pitch. Il est sans concession, comme la série. Elle nous dépeint les intrigues des partis et des institutions sans les simplifier pour l’écran. C’est dense. Il faut suivre. Elle nous montre des personnages justes, en évolution, de tous les côtés de la fracture sociale. C’est humain. Il faut s’accrocher. Enfin, elle capte la société américaine, l’égoïsme et l’injustice. C’est triste, c’est comme chez nous. Il faut y réfléchir. Six épisodes éclatants d’intelligence et d’humanisme.

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