Profilage: un retour explosif

Au lieu de sombrer dans la routine après huit saisons, Profilage se repositionne brillamment.

profilage_rtbf

Les personnages de Profilage ont déjà connu nombre de situations difficiles – séquestrations, torture, blessures par balle et même deux morts, Mathieu Pérac et Fred – et la série s’offre des cliffhangers de fin de saison de plus en plus tendus. L’année passée, ils nous ont laissés avec un tueur psychopathe mort, certes, mais aussi une héroïne se vidant de son sang dans un coin paumé, et un commandant hurlant son désespoir de l’avoir perdue. Damned… Heureusement, Adèle a survécu sans séquelle apparente, mais tout a changé. Quand commence le premier épisode de cette saison 9, cinq ans ont passé. Un vieux truc utilisé dans les séries pour coller à l’âge réel d’acteurs prétendument ados qui ne peuvent plus donner le change, ou expliquer l’absence de personnages importants. Or ici on retrouve tout le monde. Ils ont juste avancé dans des directions différentes, et évolué dans leurs relations, ce qui modifie tous les rapports de force.

Adèle est psy en Camargue, Lamarck moins présent, Hippolyte, barbu, mène une vie de famille heureuse avec Jess, devenue… lieutenant de police, et Rocher, désormais commissaire, entame sa dernière enquête sur le terrain. Et cette enquête se révèle particulièrement glauque: on a retrouvé à Paris le corps d’une femme, rasée et torturée, et de son mari – seul le bébé, caché de justesse dans le séchoir, a survécu. Et, en Camargue, celui d’une femme rasée enfoncé dans le ventre d’un taureau étripé. Il faudra deux épisodes pour dénouer les fils de cette affaire monstrueuse, et expliquer, sur le fil de l’émotion, ce qui s’est passé depuis cinq ans. Avec quelques scènes improbables, d’accord, mais de vrais ressorts scénaristiques qui réveillent l’envie de voir la suite et de redécouvrir la série. Une belle réussite qui présage, on l’espère d’une saison passionnante.

Plus d'actualité