Laurent Gerra: comme d’habitude

Pour ses cinquante ans, Laurent Gerra a voulu marquer le coup (de vieux). En 2018, il est retourné dans toutes les salles qu'il a connues pour jouer son nouveau spectacle Sans modération. Les caméras de France 3 l'ont suivi dans l'intimité de cette tournée “nostalgie”.

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Selon les sondages, il reste l’imitateur préféré des Français. Ce sont les mêmes qui votent depuis trente ans? Ou alors, il ne reste plus que lui sur Terre? On dirait que le métier d’imitateur devient légèrement poussiéreux, voire ringard. Si l’on s’amuse à lister les Français (vivants) connus appartenant à cette caste – Yves Le Coq, Nicolas Canteloup… – et ceux dont on a oublié l’existence (pardon Didier Gustin et Gérald Dahan), force est de constater qu’on remonte rapidement à une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Même si quelques nouveaux talents (Marc-Antoine Le Bret, Michaël Grégorio) parviennent, un peu plus difficilement qu’avant, à se faire une place en télé, ce sont finalement toujours les mêmes dont on parle. Et pourtant, on ne peut pas dire que Laurent Gerra se renouvelle très fort en matière de personnages. Il en vient toujours à imiter les mêmes têtes (Céline Dion, Patrick Bruel, Fabrice Luchini, Nicolas Sarkozy, François Hollande) et à récupérer à peu de chose près les mêmes vannes politiques qu’il testait déjà dans les années 90.

Finalement, tout ce qu’il risque en restant dans cet éternel créneau, c’est que les gens qu’il imite meurent avant lui. Cette année, il sera beaucoup moins drôle de se foutre de Johnny Hallyday ou de Charles Aznavour. Que le public se rassure, Laurent Gerra continue à prendre les voix de Bécaud, Salvador, Brassens, Reggiani ou Brel. On ne change pas une équipe qui gagne.

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