Ouvrir la voix : la parole aux femmes

Face caméra, 24 afrodescendantes racontent le racisme et le sexisme qu’elles vivent au quotidien.

Ouvrir la voix

« J’avais trois ans, j’étais dans un parc et une petite fille m’a dit qu’elle ne voulait pas jouer avec moi parce que j’étais noire. C’était la première fois. Ça m’a fait tellement mal que je m’en souviens encore ». Voici un des témoignages portés à l’écran par Amandine Gay dans son documentaire Ouvrir la voix. En croisant les confessions, la réalisatrice met en lumière plusieurs thèmes dont l’éducation, la sexualité, le communautarisme et les idéaux de beauté. Cette militante afroféministe dépouille son film de tout artifice et met, enfin, des femmes noires au centre d’un récit cinématographique.

Son ambition ? Se réapproprier la narration, sans avis d’expert ou de regard paternaliste sur leur condition. Amandine Gay s’est toujours indignée du peu d’archives disponibles sur les luttes et l’histoire des femmes noires en France. Elle dénonce également leur représentation problématique dans l’audiovisuel et dans le cinéma, ce dont elle a souffert en tant que comédienne noire. Dans une rage de justice sociale, elle mène le projet d’Ouvrir la voix à bout de bras pendant quatre ans. Elle cherche des financements alternatifs, faute d’avoir reçu le soutien du Centre du cinéma français, et fonde sa propre boîte de production, au nom révélateur, “Bras de fer”.

Dès sa sortie en 2017, Ouvrir la voix rencontre un franc succès auprès des milieux féministes et antiracistes. L’acuité et la sensibilité des témoignages sont frappantes, ils permettent à une communauté de s’y identifier, et aux autres de comprendre les discriminations liées au fait d’être “femme” et “noire”. Amandine Gay redonne tout sens politique au cinéma documentaire, celui de dénoncer et de secouer la société.

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