Mô, Maurane en mille temps: Dernier témoignage d’artiste à artiste

Un documentaire retrace le parcours de l’artiste et de la femme qu’était Maurane.

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Avec pudeur et bienveillance, la journaliste Régine Dubois est partie à la chasse aux témoignages. Vingt-cinq proches de Maurane se sont confiés sur sa personnalité, sur sa carrière, sur ses hauts et ses bas. Rien n’est ignoré. On découvre aussi une figure importante, Lou, qui a décidé de terminer l’album “Brel” pour sa maman.

Comment s’est décidé ce projet de documentaire?

RÉGINE DUBOIS – Hakima Darhmouch, en concertation avec Lou, a lancé le projet. Quatre mois à peine après le décès de Maurane, on entamait les interviews. C’était encore tellement frais qu’il fallait une approche respectueuse, être attentif à ne pas bousculer le chagrin.

Catherine Lara dit: “Je trouve qu’on ne l’a pas assez aimée de son vivant”. Êtes-vous d’accord?

En France, elle était très respectée. En Belgique, on avait moins conscience de la dimension qui l’entourait. Le talent est au-delà de ce qu’on imagine. Et peut-être que ce talent-là n’a pas été reconnu à sa juste valeur. D’un autre côté, peut-être que Maurane n’avait pas envie d’avoir la carrière de Céline Dion. Elle faisait uniquement ce qui lui plaisait.

Justement, la notion de caractère fort de Maurane revient souvent dans le documentaire…

Elle avait un fameux caractère. Elle pouvait s’emporter et la minute d’après, tout oublier. Elle savait ce qu’elle voulait. Son choix de quitter Starmania à l’époque en est la preuve.

Beaucoup abordent un certain malaise intérieur qu’elle masquait grâce à l’humour. Maurane, c’était un clown triste?

Certainement. L’humour, c’était une forme de pudeur pour ne pas exposer ses fragilités. Je ne sais pas s’il faut avoir des blessures pour être artiste mais en tout cas, elle était ce genre d’artiste-là.

Brel a accompagné Maurane tout au long de sa vie. Elle lui consacrait un album qu’elle n’a pas eu le temps de terminer. Est-ce que pour Lou, qui a repris le projet, c’est une façon de boucler la boucle?

Lou a eu assez vite l’obsession de concrétiser ce disque. Elle a pris conscience de la dimension artistique et publique de Maurane. Elle voulait terminer ce que sa maman avait commencé. Les conditions de sa mort étaient tellement injustes et absurdes… C’était sa manière de lui rendre hommage.

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