Les bad boys du cinéma belge

Les réalisateurs de Black, Adil El Arbi et Bilall Fallah, démontrent à nouveau leur talent de jeunes cinéastes dans Patser .

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Après Black, qui se déroulait à Bruxelles, direction le port d’Anvers et le quartier de ‘t Kiel, à la rencontre des « patsers », ces mecs qui se la pètent et rêvent de vivre comme de vrais gangsters, grâce aux petits ou gros trafics auxquels ils se livrent.

Confirmant leur sens inné de l’image et du rythme, les deux jeunes réalisateurs belgo-marocains nous entraînent à fond la caisse dans leur nouvelle pépite aux influences américaines totalement assumées. Ce n’est donc pas un hasard s’ils ont été repérés à Hollywood, où ils s’apprêtent à tourner rien moins que Bad Boys III.

On ne peut que leur souhaiter d’y être davantage prophètes qu’en leur pays: souvent accusés chez nous de brasser les clichés à la louche, voire même d’être racistes, les deux potes ont au contraire parfaitement saisi la complexité de notre société multiculturelle, multiraciale et multiconfessionnelle. Bien en phase avec leur époque, ils n’en ont que plus d’acuité pour décortiquer certains phénomènes sociaux dans leur style bien à eux.

D’ailleurs, loin de chercher à stigmatiser une communauté plutôt qu’une autre, chacun en prend pour son grade dans Patser, dont le scénario démontre que le trafic de drogue n’est pas le fait d’un groupe d’individus en particulier, mais constitue une économie parallèle entretenue par de nombreuses strates de la société, du bourgeois bien propre sur lui ayant envie de se défoncer jusqu’au petit délinquant désireux de se faire de la thune. Un constat cinglant, mais doublé d’un message final positif par Adil et Billal, ces deux bad boys bourrés de talent!

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