Lucky : Harry Dean Stanton quitte la scène

Un superbe dernier rôle taillé sur mesure.

Lucky : Harry Dean Stanton quitte la scène

On se souvient évidemment de lui dans le célèbre Paris, Texas de Wim Wenders, Palme d’or à Cannes en 1984, où sa longue silhouette déambulant dans le désert avait marqué les esprits. Dans Lucky, l’impact émotionnel est tout aussi grand, non seulement parce qu’Harry Dean Stanton y est grandiose, mais aussi parce que le film constitue un véritable hommage au comédien, décédé en septembre 2017, quelques semaines avant la sortie du long-métrage en salles. Difficile, en effet, de distinguer la fiction de la réalité, tant Stanton et son personnage semblent complémentaires.

Le récit nous fait partager la routine quotidienne de Lucky, un vieux cow-boy solitaire qui vit dans une petite bourgade perdue au milieu du désert. Lucide quant à la fin du parcours qui se rapproche inexorablement, il philosophe sur l’existence avec quelques amis. Et tout cela est mis en images simplement, sans fioritures, mais avec une belle inspiration et de nombreux moments de grâce, par John Carroll Lynch (acteur dans Zodiac, Gran Torino, Jackie…), dont c’est la première réalisation.

Un Lynch qui en invite un autre – sans lien de parenté – au générique : David Lynch, le créateur de Twin Peaks, est en effet de la partie. Ami de longue date de Stanton, il participe à ce chant du cygne tendre et émouvant. Profondément attachant, ce portrait plein d’humanité s’achève sur un dernier plan magnifique qui donne toute sa dimension à ce que le réalisateur a voulu être “une sorte de lettre d’amour pour l’acteur et pour l’homme”. Quelle belle fin !

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