Les dernières nuits vénitiennes

Venise l'insolente retrace les fastes du XVIIIe siècle dans la Sérénissime décadente.

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Ce documentaire fait pont à “Éblouissante Venise”, l’exposition qui se tient au Grand Palais jusqu’au 21 janvier. On y retrouve les mêmes thèmes, la même vigueur, souvent les mêmes œuvres. Le film n’est pas pour autant une publicité de 52 minutes. C’est d’abord un voyage dans la cité des doges de toujours, celle qui ne se dévoile qu’au passant perdu, aux rêveurs, aux amoureux et aux enfants émerveillés. La Sérénissime sans inondations, sans monstrueux bateaux de croisière et sans perches à selfie. Venise l’insolente, c’est l’éblouissante capitale des arts du XVIIIe siècle. À cette époque, c’en est fini de son hégémonie politique et économique sur la Méditerranée. Au bord de la décadence, la ville brille de ses derniers feux.

Le baroud d’honneur sera inoubliable, transgressif, libertin, créatif. Une époque de fastes, de fêtes, de belles blondes en robes légères et d’œuvres d’art. Musique, peinture, théâtre, philosophie, littérature, architecture, amour, Venise n’est pas en Italie, Venise est au centre du monde. Guidés par la voix off, on démarre au présent, par ces inévitables seigneurs masqués du carnaval, apparitions décalées sur la place Saint Marc. Un appareil photo les immortalise. Comme autrefois le chevalet du peintre ou le croquis de l’illustrateur. Cet aller-retour passé-présent donne le ton. Venise a conservé sa beauté du diable. Elle l’a même embaumée. Dans ces cale, ces petits ponts, ces canaux, sont passés Vivaldi, Farinelli, Tiepolo père et fils, Guardi, Casanova, Goldoni et bien évidemment Canaletto, qui l’a si fidèlement tracée avec sa camera obscura. “Lorsque je cherche un autre mot pour exprimer le terme musique, je ne trouve jamais que le mot Venise” écrivait Friedrich Nietzsche. Ce soir, on a retrouvé la mélodie de notre bella città, loin de la fureur moderne.

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