Le projet le plus attendu (au tournant) de l’année

Adapter La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker au ciné, c’était une évidence. En série, par TF1, avec Patrick Dempsey, comment dire… un peu moins.

verite_tf1

Comme la saga Millenium, l’intrigue et les ambiances du roman de l’année 2012 appelaient une version filmée. Mais pas n’importe laquelle. C’est pas rien, La vérité sur l’affaire Harry Québert. 3 millions d’exemplaires vendus et au moins deux fois plus de fans à se le passer, se le recommander et l’encenser sur les réseaux sociaux. Le Grand Prix de l’Académie française et le Goncourt des Lycées. De Belle-Maman à l’ado de 17 ans en passant par les critiques, ce thriller imparable a fait l’unanimité. On voyait David Lynch, on imaginait Michael Fassbender ou Willem Dafoe en Harry… On découvre une mini-série de 10 épisodes produite par TF1 avec Patrick Dempsey. Ça calme. Ça fait peur, même si l’on sait que la chaîne privée a revu son positionnement en prime et veille à fournir au public toujours plus exigent des polars moins calibrés (on l’a constaté avec Insoupçonnable, la revisite mainstream de The Fall).

C’est Jean-Jacques Annaud qui réalise et c’est sa première fois en télé. L’espoir revient. Le cinéaste sait rendre l’ambiguïté des lolitas (L’amant), les détours d’une enquête policière (Le nom de la Rose) et les paysages à forte atmosphère (Sept ans au Tibet). D’accord pour le suivre dans le Maine de Dicker, avec ses falaises, ses brumes, ses forêts et ses mystères. On compte aussi sur lui pour défendre le temps long et la psychologie face aux impératifs de suspense et de rythme dictés par les coupures publicitaires.

Pour rappel, La vérité sur l’affaire Harry Québert démarre de la perte d’inspiration de Marcus, écrivain de 26 ans écrasé par la pression après un premier roman best-seller. Il part rechercher la flamme chez son mentor, Harry Québert (Patrick Dempsey), auteur lui aussi d’un grand livre à succès. A son arrivée, ce dernier est accusé du meurtre d’une adolescente, Nola Kellergan, en 1978. Pour le disculper, Marcus lance son enquête parallèle. L’intrigue alternera le présent (2008) et le passé des seventies.

A l’écran, ça fonctionne, c’est extrêmement lisible, efficace et prenant (comme le roman). Le climax est respecté, surtout dans les parties rétro. Le docteur Mamour convainc dans les flashbacks, un peu moins dans les épisodes contemporains, où le vieillissement lui déssert. Au final, c’est… Bien foutu, bien joué, bien décoré, bien filmé, bien scripté, bien monté. Mais pas lynchéen.

Sur le même sujet
Plus d'actualité