Monsieur Chabadabada

Réalisateur autant haï qu’adulé, Claude Lelouch raconte sa vie passionnante à Marc-Olivier Fogiel. En 24 images/seconde.

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C’est un cinéaste important que Fogiel reçoit sur son divan ce soir: le chabadabadesque Claude Lelouch. Né en 1937 des amours d’un commerçant juif du Sentier et d’une maman convertie au judaïsme, le petit Claude est caché dans des salles de cinéma pendant l’Occupation. C’est le coup de foudre immédiat, Lelouch ne vivra désormais plus que pour cette maîtresse exigeante qu’est le cinéma. L’histoire commence pourtant mal. À la sortie du Propre de l’homme, son premier film en 1960, un critique des Cahiers écrit: “Claude Lelouch, retenez bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler”. Le divorce est consommé avec une presse avec laquelle il entretiendra toujours des rapports conflictuels. Une presse qui va le détester avec passion, lui reprochant ses clichés, ses histoires d’amour naïves, sa “logorrhée visuelle incessante”.

Un acharnement qui fait souffrir le cinéaste (même si les plus grands se bousculent au portillon pour tourner avec lui: Belmondo, Dujardin, Trintignant, Duris. ils veulent tous en être) mais qui le rend par ailleurs également incontournable. Ses films populaires tant décriés plaisent au plus grand nombre. L’expression chabadabada et la musique de Francis Lai passent à la postérité, Lelouch, au gré de ses films nous raconte toujours la même histoire, celle d’Un homme et une femme (Palme d’or en 1966). À plus de 80 ans, mordu par des tics faciaux, il n’a rien perdu de sa passion et explique à Fogiel, lui qui a épousé presque toutes ses actrices, combien il ne fait pas de différence entre la vie et le cinéma. Au point que lorsqu’on lui a volé un scénario en janvier dernier, il en a fait l’histoire de son dernier métrage, La vertu des impondérables, filmé avec un Smartphone. Mauvaise nouvelle en effet pour ses détracteurs: rien n’empêchera Lelouch de tourner!

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