Histoire secrète de l’antiterrorisme

Parole à ceux qui, en secret, luttent contre les attentats. Une longue histoire, hélas.

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Le réalisateur Patrick Rotman, passionné par les hommes de pouvoir (De Gaulle, Chirac, Mitterrand) et par les pages sombres de l’histoire (le mur de Berlin, les rescapés des camps nazis, le communisme à travers les décennies, la guerre d’Algérie) aime construire ses documentaires comme de véritables polars. C’est à nouveau le cas dans Histoire secrète de l’antiterrorisme, qui entend relater trente années de lutte contre les soldats du Mal qui se sont (vainement) mis en tête de faire vaciller les sociétés où leurs idées d’un autre âge n’avaient pas force de loi. Un décryptage ambitieux qui, à coups d’images d’archives, place le téléspectateur du côté de ceux qui racontent leurs métiers, à savoir des hommes et des femmes qui, dans l’ombre, sont formés pour prévenir les attaques.

Hauts dirigeants des services de renseignements, procureurs, juges, responsables de gendarmerie ou de police, patrons d’unités d’élite… Les forces déployées sont innombrables, mais les méthodes sont rarement dévoilées avec le recul pourtant nécessaire. Bien sûr, l’idée n’est pas de révéler toutes les techniques d’écoute, de filature ou d’entraînement, mais bien de montrer à quoi ressemblent le quotidien ou le vécu des professionnels, mais aussi les risques et les choix qui entrent en jeu face à l’adversité. Poser un regard intérieur. Restituer les actions dans leur contexte. Comprendre le fonctionnement ultra-complexe d’un dispositif dont on ne soupçonne pas les rouages.

Entre les lignes, il y a notre mémoire collective et ses traumatismes, qui font partie intégrante de la (trop) longue histoire de la barbarie. Le tout narré par la voix d’un certain Marc Lavoine, invoquée pour son mélange de gravité et d’apaisement, l’une devançant toujours l’autre lorsqu’il s’agit de tenter d’absorber le pire.

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