Le dictateur et son dealer

Hitler accro aux drogues: voilà qui ne pardonne rien mais explique bien des choses.

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La révélation n’est pas neuve: en 2016, le journaliste allemand Norman Ohler sort un livre intitulé L’extase totale, où il confirme ce que plusieurs historiens suspectaient déjà: Adolf Hitler, dès la fin des années 30, s’est mis à consommer de la drogue avant de sombrer petit à petit dans la folie la plus totale. Aujourd’hui, RTL-TVI confirme le diagnostic à travers un documentaire qui relate ce long chemin vers les réalités parallèles, en brossant le portrait d’un homme dont le règne était beaucoup moins serein et aguerri que ce qu’il était censé incarner. Un personnage particulier sert de fil conducteur au récit: le docteur Theodor Morell, spécialiste des vitamines qui, un jour, est appelé dans les bureaux du Troisième Reich pour soigner les troubles gastriques du gourou nazi.

Très vite, face à l’efficacité du traitement, l’homme devient le médecin personnel de celui qui, sur les ordonnances, est appelé le « patient A ». Et tandis que le dictateur enchaîne les pépins de santé – dysenteries, migraines… -, Theodor Morell, dont beaucoup se méfient, n’hésite pas à lui prescrire des cocktails de plus en plus puissants. Ainsi, le Fürher reçoit successivement des traitements à base de stéroïdes, d’opium, puis de cocaïne. Inévitablement, le dictateur devient accro à toutes sortes de substances. En octobre 1944, il manque même de mourir d’une overdose. Et dans les derniers mois du conflit mondial, alors que la défaite est imminente, le « junkie » n’est plus du tout en mesure de voir la réalité en face, se confortant dans son idée que la victoire lui appartient, et allant jusqu’à congédier son dealer quelques jours avant de se suicider. Une histoire qui ne change rien à l’Histoire, mais qui propose un regard inédit sur l’aliénation d’un monstre dont l’entourage, hélas, était aussi délirant que lui. 

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