Charleroi: la renaissance

Le cinéaste Guy-Marc Hinant livre un documentaire intimiste et poétique sur sa ville.

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Né à Charleroi, Guy-Marc regardait les camions passer depuis sa fenêtre étant petit, en se demandant jusqu’où ils allaient. Franchissaient-ils le ring 9, sorte de frontière routière encerclant la ville la plus peuplée de Wallonie? En revenant sur les traces de son enfance carolorégienne, le réalisateur filme avec tendresse une métropole qui garde malgré elle une mauvaise réputation. Chapitré en plusieurs parties (Socialisme, Micro-politique, Ville-monde, Une Fresque, etc.), Charleroi, les lumières du pays noir explore différents aspects intrinsèques à la ville. Son réalisateur y donne la parole à tous ceux qui composent Charleroi, de Paul Magnette aux sans-abris du camp de la gare (« la réalité, elle est ici« , témoigne l’un d’entre eux), en passant par le président du BPS22 et les jeunes adolescents qui rappent sur les quais de la Sambre quand ils ne s’y baignent pas.

On y (re)découvre une ville meurtrie qui peu à peu prend de la hauteur et se reconstruit, après les nombreuses crises et la vague de désespoir qui ont frappé ses habitants. Rive Gauche, le Palais des Beaux-Arts, Quai 10 (jolie référence à l’expression wallonne ‘Qué disse?‘, comprenez ‘Qu’est-ce-qui se passe?‘) ; Charleroi mise clairement sur le commerce et la culture pour redynamiser son centre-ville et redonner l’envie aux Carolos de s’y balader. Ville grisâtre, Charleroi peut compter sur ce qui fait sa beauté : ses habitants qui n’ont cesse de croire en elle. « On y croit parce qu’il y a un potentiel humain qui a en fait toujours été présent ici« , confirme la députée socialiste Özlem Özën. Avec sa réalisation contemplative, sa voix off énigmatique et son esthétique sombre et grise (qui, elle, dessert son propos), Charleroi, les lumières du pays noir, raconte comment la ville est en train de se relever, petit à petit, pour laisser derrière elle les sombres années.

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