Netflix : pourquoi il faut absolument voir la série The Haunting of Hill House ?

Cette adaptation du roman d'horreur de Shirley Jackson, sorti en 1959, a été plébiscitée par Stephen King. Un petit bijou qui nous rappelle que nos plus grandes peurs s'ancrent bien dans le réel.

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Nouvelle pépite de Mike Flanagan, la série d’épouvante « The Haunting of Hill House » est sortie sans prétention et sans le moindre effet d’annonce sur Netflix. Pourtant, l’adaptation du roman du même nom de Shirley Jackson publié en 1959 est une franche réussite. Dans cette version, le couple Crain et leurs cinq enfants viennent habiter temporairement dans un imposant manoir nommé Hill House, le temps de la retaper. Une expérience qui se termine tragiquement. 26 ans plus tard, les enfants -devenus adultes- et leur père un peu esseulé, se retrouvent pour essayer de comprendre l’impact que ces événements surnaturels qui se sont produits des années plus tôt ont eu sur leur vie.

Plébiscitée par le maître du genre, Stephen King, « The Haunting of Hill House » ne pourrait se résumer qu’a l’horreur. « Revisité et remodelé par Mike Flannagan. D’habitude, je ne m’intéresse pas à ce genre de révisionnisme. Mais cette série est admirable. Proche d’un travail de génie même. Je pense que Shirley Jackson validerait, mais qui sait vraiment ? » Un avis que partage la majorité des critiques, mais aussi le grand public, comme en témoignent les nombreuses louanges diffusées partout sur les réseaux sociaux.

La série débute comme le roman dont elle est adaptée, avec l’un des meilleurs paragraphes d’ouverture jamais écrits. On y fait la connaissance de ce manoir hanté, qui tient la place du personnage principal de ce bijou de Netflix, avec une citation assez forte livrée par une voix off annonciatrice de l’ambiance de la série « Tout ce qui s’y promène, s’y promène seul. » Froide, torturée, bouleversante,… « The Haunting of Hill House » nous ramène à nos plus grandes angoisses : une famille qui se délite, un passé qui nous dévore. Un projet qui associe ambitieusement les terreurs d’une histoire de fantômes à un drame familial complexe et multigénérationnel.

Son intrigue fracturée, qui va et vient de l’enfance à l’âge adulte, souligne à quel point le psyché peut faire des ravages. Au début de l’intrigue, on découvre le père complètement paniqué, rassemblant ses enfants et s’enfuyant vers un hôtel. Quoi qu’il se soit passé cette nuit-là au cours des 10 épisodes, et avant de le révéler, Flanagan montre comment le passé hante le présent. Finalement, la pire crainte dans cette «Hill House» n’est peut-être pas de marcher seul, mais de côtoyer ses proches. Le grand frère, Steven Crain a écrit un livre qui l’a rendu célèbre, mais qui a également divisé la famille parce que sa sœur, Shirley, pense qu’il exploite la tragédie familiale. Theodora travaille en tant que psychologue pour enfants, ce qui évoque également des souvenirs assez rudes, et Luke se débat avec la dépendance. L’enfant la plus agitée est peut-être Nell, dont l’état fragile rappelle celui d’Eleanor Vance du livre original et la ramène à Hill House.

La réussite de ce projet tient donc dans le fait qu’il propose (aussi) des bouts d’histoire qui sortent complètement du paranormal. La preuve avec un épisode consacré à l’un des enfants de la famille Crain, Luke. Dans The Twin Thing, on suit ainsi le parcours de cet addict à l’héroïne en pleine cure de désintoxication. Ironie du sort, s’il est tombé dedans pour oublier les démons de son passé, c’est aujourd’hui le plus grand monstre qu’il doit combattre. On y découvre une longue descente aux enfers et les traumatismes de son enfance, grâce à des flashbacks. Un épisode entièrement ancré dans le réel. L’autre force du show, c’est qu’il se base sur l’idée qu’aucun fantôme n’est aussi terrifiant que l’anticipation de son arrivée. L’horreur, elle est dans la suggestion.

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