M : un film sensible et habité

Dans M, Sara Forestier préfère le cœur d’un amour qui palpite à la raison du constat social. Et elle a… raison.

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Entrée au cinéma comme une tempête chez Kechiche (L’esquive), Sara Forestier a depuis longtemps confirmé ses incroyables talents d’actrice faits d’une gouaille d’Arletty moderne des banlieues mêlée à une grande maîtrise de soi. Mais avec beaucoup de choses à dire. Des mots qui sortent comme on ouvrirait une vanne et qui forment des idées sur le monde qui l’entoure, comme lorsqu’interrogée par une journaliste elle invoque sa liberté de disposer totalement d’elle-même sans devoir aucunement en référer à la séduction et au “masculin”. Il était donc temps qu’elle passe à la réalisation. C’est chose faite avec M, qui raconte tout de même une histoire d’amour (l’art peut-il y échapper?) atypique entre une jeune femme bègue timide et un homme, un vrai de vrai, un qu’a le sang chaud et l’adrénaline collée au torse, mais qui a une faille insoupçonnée: il est analphabète. Par instant maladroit, c’est souvent la sincérité, la poésie à fleur de peau qui l’emportent dans cette réalisation au féminin, qui raconte autant la passion amoureuse que celle des mots. Joli film. 

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