Faut rigoler, surtout en temps de crise…

Quand la vie ne fait plus rire, on crée des séances pour se forcer à se marrer tous ensemble.

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Le rire est le propre de l’Homme.” Il n’est pas follement original de citer Rabelais lorsque l’on aborde un documentaire qui s’attarde sur l’évolution du rire dans notre société mais, à l’instar de la réalisatrice Marie Mandy, nous ne pouvions pas passer à côté. Son film, Rire en temps de crise, s’ouvre sur une artiste, l’Allemande Antonia Baehr, assise face à son public. Sur son pupitre, son texte. Pas le plus compliqué: haha, hoho, hihi… Elle enchaîne les rires. Et il y a du boulot. Gras, aigu, lourd, grinçant, nerveux ou jaune, le rire se décline de mille façons. Il nous entoure aussi, dans les bars, les parcs, les bus. Il est une partie de notre raison de vivre. Manger, boire, dormir, aimer, rire. Pourtant, ce n’est pas du cynisme mal placé que d’affirmer que le monde d’aujourd’hui nous donne davantage envie de pleurer.

L’actualité, en plus d’être omniprésente, est anxiogène. Alors, par la réduction des occasions, nous perdons notre capacité à rire. Et comme le signale Marie Mandy, c’est mauvais pour la santé. Cerveau, diaphragme et dos en souffrent. Seuls nos abdos, pour qui trop rire est une torture, ne s’en plaignent pas. La réalisatrice belge est partie avec Léo, jeune étudiant en philo, suivre des cours dans deux clubs de rire parisiens. Là, avec des récits de vie en filigrane, elle se force, redéfinit les codes, se réapproprie ce qu’il se doit de considérer comme un pouvoir et mesure les enjeux à la fois individuels mais aussi sociétaux qui entoure le rire. Le film, tout en poésie, nous rappelle par l’absurde que nous ne sommes que de passage. Le rire est une arme que nous devons réapprendre à manier, au risque, si l’on suit la vision de Rabelais, de se déshumaniser. 

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