Ce que l’on sait sur le prochain service de streaming d’Apple

Selon plusieurs sources au sein même de l’entreprise américaine, le service de streaming d’Apple débarque aux États-Unis dès mars 2019 et sera ensuite disponible dans une centaine de pays.

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Après Netflix et Amazon, c’est au tour d’Apple de se lancer dans la course au streaming. Mais plus que relayer des films et séries déjà existants, la firme prévoit de produire et créer ses propres contenus, comme ses (prochains) concurrents Netflix et Amazon. Selon Variety, la société prévoit de dépenser 4,2 milliards de dollars en programmation originale d’ici 2022, dont 1 milliard de dollars en 2018. Des sommes importantes, mais qui restent néanmoins inférieures à celles que Netflix (6,8 milliards) et Amazon (8,3 milliards) prévoient de dégager pour développer leurs propres contenus.

Qui est en charge ?

Pour concrétiser ce projet, une équipe vidéo a été créée dès 2017 par Eddy Cue (vice-président des services et logiciels Internet). Basée à Los Angeles, elle est menée par deux ancien cadres de Sony Pictures : Jamie Erlicht et Zack Van Amburg à qui l’on doit des séries largement primées tels que Breaking Bad, Better Call Saul, The Crown et Rescue Me.

D’autres figures importantes ont ensuite rejoint l’équipe comme Matt Cherniss, ancien président de WGN America ou encore Jay Hunt, ancienne cadre de BBC One, ex-directrice des programmes chez Channel 5 et de la création chez Channel 4 où elle lançait en 2011 l’excellente série Black Mirror (ensuite rachetée par Netflix). Elle a également été responsable de Sherlock et Luther à la BBC. En octobre dernier, Business Insider présageait déjà que Hunt « possède les compétences nécessaires pour donner à Apple une longueur d’avance sur Netflix et Amazon et aider la société à conquérir la télévision ».

Carol Trussel, ancienne directrice de Gaumont Television (où elle était responsable de Narcos et Hannibal) et productrice de True Blood chez HBO, a également rejoint l’équipe début 2018. Dana Tuinier (The Paramount Network) et Joe Oppenheimer (directeur de BBC Films) font aussi partie de cette équipe de choc. Bref, Apple peut compter sur des professionnels qualifiés pour propulser son service de streaming au même rang que Netflix et Amazon.

Pour quel public ?

Selon The Information, le service de streaming sera gratuit pour les possesseurs d’un support iOS. On ne sait par contre pas encore s’il sera distribué sous forme d’application indépendante ou directement dans l’application TV d’Apple. Seuls les utilisateurs d’appareils Apple seraient donc (selon les informations actuelles) autorisés à utiliser ce nouveau service, ce qui pourrait limiter son champ de développement.

Quels contenus ?

Cette nouvelle plate-forme de streaming offrira autant de programmes originaux que des contenus produits par des tiers. Plusieurs projets en cours de production ont déjà été confirmés. Apple a par exemple signé un contrat avec Oprah Winfrey pour développer de nouveaux programmes. La firme américaine a également commandé deux émissions pour enfants à Joan Ganz Cooney et Lloyd Morrisett (Sesame Street), un reboot de la série d’anthologie Amazing Stories, une série dystopique par le réalisateur d’Hunger Games (Francis Lawrence) intitulée See, un show créé par Damien Chazelle (La La Land), un thriller produit par M. Night Shyamalan (Sixième Sens), un drame spatial signé Ron Moore (Battlestar Galactica), une dramédie avec Reese Witherspoon et Jennifer Anniston et une adaptation de Foundation, célèbre roman de science-fiction d’Isaac Asimov.

Si cette liste non exhaustive est déjà enthousiasmante, le site spécialisé The Verge se montre plus prudent : « Il a fallu des années à Amazon et à Netflix pour trouver leur place à Hollywood et produire des projets primés aux Emmy Awards et aux Oscars. Apple pourrait attendre un certain temps avant d’attirer le même niveau de talent et de créer un environnement propice à de telles réussites », soulignant tout de même qu’ Apple a « clairement de l’argent à dépenser et une envie de concurrencer » les autres acteurs du streaming.

Et si les programmes ont été commandés, les désagréments peuvent encore entrâver l’avancée de l’entreprise de Cupertino. Bryan Fuller qui devait normalement réaliser le reboot d’Amazing Stories aurait déjà quitté l’aventure « en raison de différents créatifs avec Apple », tandis que la série portée par Whiterspoon et Anniston aurait déjà du retard suite à des conflits d’emploi du temps avec l’agenda bien rempli de la comédienne Reese Whiterspoon.

La « prudité » d’Apple pourrait aussi lui porter préjudice. En septembre dernier, le Wall Street Journal publiait un rapport démontrant la réticence d’Apple à intégrer du contenu « mature » dans ses productions, soit des films et séries comprenant du « sexe affiché, des profanités ou de la violence ». Tim Cook, le PDG d’Apple, aurait en efffet été choqué par la série Vital Signs (inspirée de la vie de Dr. Dre) jugée « trop violente » et donc inéligible pour être diffusé par Apple. Cook avait donc annulé sa diffusion pourtant prévue, car le show ne correspondait pas à la cible « familiale » et « grand public » visée par l’entreprise.

Pourquoi si tard ?

Cela fait des années qu’Apple tente de se lancer dans le streaming. Selon The Verge, en raison de contrats de licence complexes et du strict contrôle exercé par les médias sur les tarifications et le regroupement des services, le fabricant d’iPhone rencontrait plus de difficultés qu’Amazon et Netflix. Ces derniers ont réussi au fil des années à construire de solides systèmes associant contenus sous licence et programmation originale. La firme va-t-elle rattraper son (énorme) retard ? Nous le saurons après une poignée de séries et films en plus dans le paysage (déjà bien chargé) des productions audiovisuelles.

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