Bonne soupe au Poirot

Kenneth Branagh réinvente Hercule Poirot dans une adaptation du Crime de l'Orient-Express grandiloquente mais fidèle à l’univers d’Agatha Christie.

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Passionné de théâtre, Kenneth Branagh a toujours célébré cet art à travers les films dont il a été le maître d’œuvre (réalisateur et souvent producteur), que ce soit de manière directe, avec ses adaptations mémorables de Shakespeare dans les années 90 (Henry V, Hamlet) ou indirecte dans son très shakespearien Thor qui a redistribué les cartes du film de superhéros tendant à beaucoup trop ronronner dans ses effets numériques. Ici, l’acteur-réalisateur britannique s’attaque, 43 ans après Sydney Lumet et son casting 5 étoiles (Finney, Bacall, Connery…) à l’adaptation de l’un des chefs-d’œuvre de la reine du crime Agatha Christie, le fameux Crime de l’Orient-Express. L’intrigue est connue. Un meurtre est commis dans le luxueux train et les 13 personnes à bord sont toutes suspectes. Reste à l’ineffable et prétentieux détective belge Hercule Poirot, pour ne pas le nommer, à résoudre le mystère.

Parlons-en de Poirot! La gageure du film tenait à sa représentation à l’écran après les interprétations remarquables de Peter Ustinov, Albert Finney ou encore de l’excellent David Suchet de la série télé. Toujours au bord de la démesure, Branagh (trop présent à l’image au risque d’étouffer son excellente distribution, dont Daisy Ridley, la nouvelle icône de Star Wars) offre un supplément d’âme au détective, n’hésitant pas à exposer chez lui une sensibilité inédite. Très conscient de la théâtralité des romans de Christie, le cinéaste pose Poirot comme une espèce de metteur en scène démiurge de l’univers criminel qui se joue devant nos yeux. Bien vu. Plus d’une fois, le cinéaste manque de faire dérailler son train, à coup d’effets spéciaux aussi inutiles que ratés. Mais il tient bon et le mène au final au bon port du divertissement. Si les puristes vont faire la moue, sachez que Branagh remettra le couvert l’année prochaine avec Mort sur le Nil, avec à l’affiche Gal – Wonder Woman – Gadot. 

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