Jérôme Colin se balade

Dans ce Hep taxi!, Marina Abramovic, figure médiatique et surtout icône de l’art contemporain. Un grand numéro. 

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Prompt sur la balle, Jérôme Colin a repéré Marina Abramovic au Luxembourg. La plasticienne serbe y travaillait alors à la scénographie de Pelléas et Mélisande, de Debussy. La Tesla traverse la frontière et embarque le public hors de sa zone de confort. On sort des autoroutes mainstream, pour s’aventurer sur les sentiers réputés obscurs de l’art contemporain. L’intervieweur au volant excelle dans ce rôle de guide. Il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il apprivoise des monstres sacrés. À 71 ans, Marina Abramovic, “la reine rouge”, la gourou, la messie est une vraie star, du genre qui reçoit le Lion d’Or à la Biennale de Venise, qui bosse avec Bob Wilson, qui devient le sujet d’un documentaire présenté à Sundance et dont le MoMA de New York expose des rétrospectives.

Madonna compte parmi ses 70 millions de followers. Elle collabore avec Lady Gaga, James Franco et Jay-Z et ce sont eux qui sont honorés. Elle passe par la photo, la vidéo, l’opéra, le théâtre et même la mode. Par contre, ce n’est pas le genre à sculpter des ballons ou dessiner des smileys sur la Joconde. Son travail n’est qu’exigence, confrontation, mise en danger de soi comme du spectateur. Plus de 30 ans à expérimenter, à fracasser ses limites, à perturber, à s’asphyxier, bref à pousser la performance toujours plus loin. Enfermer la “grand-mère de l’art corporel” une heure dans une bagnole (même classe) pour tailler une bavette au fil des rues placides du Luxembourg, ça tient aussi de la performance, ici journalistique. Mais tout roule. L’artiste a tant à dire (voire à balancer), une vie de liberté, de folies, d’épreuves et d’idées de génie à raconter sans fard mais pas sans provoc. 

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