Victor Hugo, héros de série

Toute la fiction française semble gouvernée par le polar urbain ou forestier. Toute? Avec son Victor Hugo, France 2 résiste!

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Des costumes XIXe, des fiacres qui claquent sur les pavés parisiens, des amours tourmentées… Victor Hugo, ennemi d’État nous replonge dans les codes de la série historique classique. Heureusement, les quatre épisodes ne sentent pas pour autant la naphtaline. Le format reste classique mais, contrairement à ce qu’on imagine, le sujet ne l’est pas. On y découvre le Victor Hugo vivant, celui que Lagarde et Michard oublient de raconter. Cet écrivain-là n’est pas qu’une grande plume et un dessinateur hors pair. C’est un homme de passions. Durant les quatre épisodes, les aventures tumultueuses du grand homme et de ses femmes, Juliette Drouet en tête (interprétée par Isabelle Carré) nous feront voir l’amoureux derrière le vieux barbu.

L’essentiel, pourtant, est ailleurs. Ce qui nous est dépeint tout au long, c’est l’évolution politique et philosophique d’un romancier “en situation”, sartrien bien avant l’heure. Tout se déroule entre 1848 et 1851. Des années charnières pour la France et pour l’auteur. Il démarre conservateur, côté pouvoir, lorsque la Commune chante Le temps des cerises. Puis il évolue et c’est ce qui est passionnant. Déjà, il écrit Les misérables. Il les met même en pause, happé par la vie et les révoltes de son temps. Le poète romantique s’engage, le pair de France s’insurge contre l’Empire, réfléchit, comprend et finit par s’opposer vertement au régime. En cela, Victor Hugo, le feuilletoniste, le grand raconteur d’histoire, nous inspire et fait toujours figure de modèle. Et l’on sourit, aujourd’hui, à voir les grands conservateurs de notre époque s’incliner sur sa tombe et citer ses œuvres en référence.

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