Déni de grossesse : naissance d’un symptôme

Témoignages autour d’un phénomène sidérant et plus courant qu’on ne l’imagine.

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En France, chaque année, on estime qu’environ trois mille femmes vivent un déni de grossesse. Le phénomène, nommé symptôme, intrigue la science. Il fascine et questionne l’opinion publique. Le sujet a offert un record d’audience à Faustine Bollaert (Ça commence aujourd’hui), la saison dernière. Et Alix Poisson a tourné cet été, un téléfilm pour France 2 (3,3 kg) où elle incarne une de ces femmes victimes du déni. Aujourd’hui, l’accent est mis sur la pédagogie auprès du plus grand nombre. Car pour certains, le déni de grossesse n’existe pas. Ces femmes sont des menteuses. Et pourtant! La psyché joue parfois des tours au corps. Le symptôme masque les autres symptômes. L’enfant à naître semble se cacher le long de la colonne vertébrale. Et ces femmes ne sont pas seules à ne pas voir. Le déni est collectif. L’aveuglement des proches isole encore davantage. Parfois, les praticiens de la médecine passent, eux aussi, à côté du diagnostic.

Le documentaire proposé ce soir raconte cela à travers quatre témoignages, soutenus par les explications d’obstétriciens et de psychiatres. Le film montre que le déni de grossesse concerne tous les profils socioculturels. La raison du phénomène se trouverait dans un traumatisme psychologique ancien. On sait d’ailleurs qu’une femme qui ne suivrait pas de thérapie après un déni de grossesse pourrait reproduire le symptôme.

Le sujet soulève la condition des femmes dans notre société et questionne le regard porté sur la maternité. Privant ces femmes des neuf mois de préparation à l’arrivée de l’enfant, le déni de grossesse mène parfois au drame – le néonaticide, illustré ici par l’histoire de Lætitia. Ce témoignage fort démontre la complexité des choses et la nécessité de les comprendre.

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