Blade Runner 2049: la réplique des réplicants

Il aura fallu trente-cinq ans pour que la suite de Blade Runner voie enfin le jour. Mais l’attente en valait la peine.

blade_runner_doc_2

Une éternité: plus de trois décennies se sont écoulées depuis la sortie de Blade Runner en 1982. Mais trente-cinq années émaillées d’aléas en tous genres, à commencer par les différentes versions du film original. La première, imposée par les producteurs, ne plaisait pas du tout au réalisateur, Ridley Scott. Lequel remet les pendules à l’heure dix ans plus tard avec la sortie de Blade Runner Director’s Cut, lui-même suivi en 2007 par un Blade Runner Final Cut qui semblait mettre un point… final à la chasse aux réplicants menée par Rick Deckard.

Sauf que, en 2011, des droits de suite sont rachetés par Alcon Entertainment à Bud Yorkin, un des producteurs de départ, et que, dans la foulée, Ridley Scott d’abord et Harrison Ford ensuite acceptent de reprendre du service! Finalement, retenu par son Alien: Covenant, Scott cède le témoin à Denis Villeneuve, dont le Prisoners et Premier contact laissaient augurer des capacités du Canadien à mener à bien ce projet gigantesque. Pour autant, le cinéaste a hésité avant d’accepter: “Je savais qu’artistiquement, c’était suicidaire. Il fallait que j’accepte de vandaliser l’original et revisiter cet univers trente ans plus tard. Mais il y avait dans les thèmes développés une continuité assez forte avec mon travail qui a rendu la demande irrésistible.

Le résultat est là: Villeneuve a réussi la gageure de faire un film qui traverse le temps tout en respectant visuellement le premier. L’univers sombre du Los Angeles de 2049 – imaginaire et nous renvoyant pourtant à nos dérives environnementales et technologiques actuelles – est particulièrement réussi. Et sans abuser des fonds verts pour les effets spéciaux: “Les décors, les voitures…, on a tout construit à Budapest, expliquait Villeneuve. C’était très important pour moi qu’on parte du réel. Blade Runner 2049 est un film d’art et d’essai avec les moyens d’un studio”. Ryan Gosling, en chasseur de réplicants, y succède avec brio à Harrison Ford – dont l’attente de l’apparition est savamment entretenue – tout au long des 2h43 d’un récit à l’esthétisme envoûtant. Et que Ridley Scott a adoubé, heureux de voir l’esprit de son Blade Runner respecté. Pour une fois, la valeur aura attendu le nombre des années!

Sur le même sujet
Plus d'actualité