Succession, Papy fait de la résistance

Les personnages de Succession sont tous à gifler. Et pourtant, cette satire à de quoi séduire.

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Des tribus comme celle-là, on en a rarement vu sur le petit écran. C’est bien simple, chez les Roy – un clan américain à la tête d’un empire médiatique – tout le monde se déteste. Et, fait plutôt inédit dans une série, aucun des personnages présentés dans cette saga réalisée pour la chaîne HBO ne suscite de l’empathie. Raison pour laquelle Succession se veut un feuilleton à part qui ne séduira sans doute pas tous les publics. Pourtant, il mérite le détour.

Conçue par le Britannique Jesse Armstrong (The Thick of it), l’histoire débute alors que Logan Roy (Brian Cox), le patriarche à la tête de l’entreprise dont la santé décline, doit songer à lever le pied et céder les rênes de sa firme à l’un de ses quatre rejetons. Connor (Alan Ruck), l’aîné fruit d’un premier mariage, ne semble pas dans la course. En revanche, tout laisse à penser que son demi-frère Kendall (Jeremy Strong), déjà en charge d’une division, pourrait prendre sa suite. Le trublion Roman (Kieran Culkin) n’est pas crédible en raison de son imprévisibilité, tandis que Siobhan (Sarah Snook), la petite dernière, souffre d’être une femme dans cet univers de machos. Mais voilà, aucun d’entre eux ne trouve grâce aux yeux de Logan qui n’a jamais eu d’affection pour ses enfants. Son vrai bébé, à lui, c’est sa boîte. Clairement, il n’a aucune envie de laisser sa place. Autant dire que ce revirement de situation sera le point de départ de nombreux conflits entre les protagonistes principaux.

Produite entre autres par Will Ferrell, Succession est une satire impertinente qui bouleverse les idées reçues sur la famille. Si ses enjeux ne sont pas forcément identifiables dès le pilote, elle demande à ce que les téléspectateurs l’apprivoisent avant qu’elle ne prenne définitivement son envol. Le jeu en vaut vraiment la chandelle.

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