Face à Carlos le Chacal

Depuis sa prison, le terroriste Carlos raconte tout. Un document unique et édifiant.

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On dit souvent de lui qu’il a « inventé » le terrorisme international, même si d’autres – comme Hugo Chavez de son vivant – voyaient en lui un héros révolutionnaire jugé à tort. Toujours est-il qu’à l’heure qu’il est, Carlos se trouve dans une prison dont il ne sortira jamais. À la maison centrale de Poissy, dans les Yvelines françaises, pour être précis. Un endroit où s’est rendue la journaliste Sophie Bonnet en 2014 avec un droit de visite et une carte blanche pour discuter avec le Vénézuélien au curriculum vitæ rouge sang. Objectif : cerner une personnalité ambiguë – c’est le moins qu’on puisse dire – et lui arracher ses vérités sur les actes qu’il a commis ou les idéaux qui l’ont guidé.

Pour des raisons légales, l’entretien n’a pas pu être filmé (les caméras sont interdites derrière les barreaux), mais la technologie a trouvé une esquive : la rotoscopie, un procédé qui a permis de restituer le face-à-face en greffant la discussion sur des images animées – l’incroyable documentaire d’animation La Valse de Bachir est né de la même manière.

Le résultat, dévoilé ce vendredi dans Retour aux sources, est tout simplement saisissant. On y « voit » le tempétueux Carlos dévoiler son caractère violent, manipulateur et obsessionnel, convaincu d’être toujours le leader d’un groupe fidèle de rebelles attendant ses ordres. Entre les lignes, on y entend son goût immodéré pour l’argent, ses actions pour libérer la Palestine opprimée, ses amitiés avec des ex-nazis ou ses contrats en tant que tueur à gages.

À côté de cela, ceux qui ont côtoyé ou pourchassé « le chacal » délient également leur langue, apportant un éclairage plus approfondi à ce travail journalistique titanesque, résumé de centaines d’heures passées au parloir avec un homme privé de liberté depuis bientôt un quart de siècle.

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