Sauvages : Le monde doit savoir

Pendant près d’un siècle, l’Occident a exhibé dans des “zoos humains” des populations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique.

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En 1880, un phénomène digne des pires scénarios naît en Occident: les zoos humains. Aborigènes d’Australie, Pygmées du Congo, Fuégiens de Patagonie, Wolof du Sénégal, Canaques de Nouvelle-Calédonie ou autochtones de Guyane, ils sont amenés en Europe ou aux États-Unis pour remplir des zoos dans lesquels ils sont placés dans des enclos, exposés aux regards des visiteurs. Parfois mis en scène et souvent présentés à tort comme des cannibales, ils permettent aux gouvernements colonisateurs de promouvoir la domination des races et de justifier la colonisation. Le racisme devient alors populaire, ordinaire; on vient voir le sauvage, mis au même niveau que les animaux. Des milliers de personnes ont ainsi été exposées au cours du temps.

Si l’Histoire a oublié leurs noms et a essayé de cacher cette sombre période, des historiens reviennent aujourd’hui sur ces événements honteux. L’identité de leurs ravisseurs n’a, elle, pas échappé aux manuels. En Europe, c’est l’allemand Carl Hagenbeck qui popularise les zoos humains après s’être d’abord spécialisé dans les animaux exotiques. Mais le succès des exhibitions humaines le mène à investir dans ce domaine cruel. Aux États-Unis, Phinéas Taylor Barnum, spécialiste des freak shows, flairera aussi le filon et engagera un Irlandais pour lui amener des aborigènes d’Australie.

Après avoir été extraits de force de leur environnement natal, ballottés entre plusieurs pays pendant les “tournées”, nombreux sont ceux qui ne survivront pas à ce qu’on leur présentait comme “une nouvelle vie pleine de découvertes”. Pire, ceux qui seront finalement rapatriés dans leurs contrées natales contamineront leurs congénères par des maladies contractées à l’étranger. Exhibés mais aussi photographiés et auscultés par des scientifiques, ces êtres humains sont réduits à du bétail. Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet décortiquent ce phénomène dans un documentaire poignant, choquant, mais nécessaire.

Sauvages : samedi 29 septembre sur Arte à 20h50.

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