Nuit techno : Jusqu’au bout du début de la nuit

Le programme de la nuit techno d’Arte fait vibrer. Mais 3 heures, c’est court pour une rave. We want more !

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Point positif : les sujets très anglés évitent de tomber dans le didactique et de fossiliser ce genre musical underground dans une rétrospective. On regrette quand même les pans entiers du sujet passés sous silence, à commencer par nos ”sounds of Belgium”. En ouverture, les excellents reportages de Tracks abordent des questions inédites. Vite jugée musique à danser dans un état second, la techno est militante face au Parlement de Tbilissi, ou change le visage de villes comme Detroit ou Berlin. Ensuite, on comprend vite que le focus de la soirée sera allemand.

Réducteur mais logique, évident, indispensable, d’accord. La scène berlinoise a contribué à poser les bases et fait vivre le genre depuis… 30 ans. Oui, coup de massue infligé, pour notre plus grand plaisir, pas le live 30 ans de techno à Berlin, ça fait une paye que l’on danse à 140 battements par minute. Le reportage nous emmène dans un marathon historique du Red Bull Music Festival, qui a réuni au Funkhaus les générations successives de DJ. En interview et en mix, les pionniers se mélangent aux étoiles montantes. Une fête de dingue, une overdose de rythmes… Un peu frustrante à regarder sagement assis sur son canapé. On se calme et on s’informe, avec le bouquet final, l’Electronic Dance Music, la bande-son d’une extase collective. Les stars du German Sound y témoignent de leur art, de leur évolution durant ces décennies, de la solitude, des errances, de l’esthétique allemande. Formellement, le son et l’image très bruts renforcent l’impression délicieuse de pénétrer dans un monde underground, de faire partie du club et de tâter la marge. Il ne nous reste plus qu’à éteindre la télé et sortir. La nuit techno ne fait que commencer.

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